l’essentiel
Pilier emblématique du club de rugby de Lourdes et du XV de France, Jean-Pierre Garuet est également une personnalité politique de la cité mariale. Une carrière d’élu qui touche à sa fin, après plus de 35 ans d’ancienneté au conseil municipal.
« J’aime Lourdes et je l’aimerai jusqu’à la fin de mes jours ». Même s’il vit dans une ferme à Pontacq (Pyrénées-Atlantiques), à une dizaine de kilomètres de la cité mariale, Jean-Pierre Garuet-Lempirou n’a pas besoin de grand discours pour exprimer toute l’affection qu’il porte envers sa ville natale. C’est simple, hormis ses nombreuses piges avec le XV de France (42 sélections entre 1983 et 1990), « Garuche » n’a connu qu’un seul club dans sa vie : le FC Lourdais XV. Une fidélité rare qui se retrouve également dans la carrière politique de l’ancien pilier international.
Depuis 1989, soit plus de la moitié de sa vie, Jean-Pierre Garuet est élu – presque sans discontinuité – au sein du conseil municipal de Lourdes. Six mandats successifs, dont deux dans l’opposition, qui font du « Professeur » le plus ancien élu en poste dans la cité mariale. « Jamais je n’aurais pensé faire une carrière aussi longue, surtout en politique », avoue l’ex-rugbyman de 72 ans, qui a connu quatre maires différents.
Des débuts aux côtés de Philippe Douste-Blazy
Car l’emblématique pilier lourdais n’avait jamais esquissé l’envie d’entrer dans la mêlée politique. Du moins jusqu’au jour où un médecin, devenu par la suite ministre ou encore maire de Toulouse, est venu le chercher dans son équipe. « Philippe Douste-Blazy, qui est né à Lourdes en 1953 comme moi, m’a harcelé pour que je rejoigne sa liste, sourit Jean-Pierre Garuet. Je ne voulais pas mais deux éléments ont fini par me convaincre. Premièrement, il est le petit-fils d’Antoine Béguère, ancien maire-sénateur et grand président du FCL XV, dont le stade porte aujourd’hui son nom. Deuxièmement, mon frère aîné était médecin, comme Douste-Blazy, et il m’a un peu poussé à y aller… »
C’est ainsi que « Garuche » intègre le conseil municipal en 1989, alors qu’il est encore le capitaine de l’équipe lourdaise. « D’ailleurs, je n’ai pas pu assister à la première réunion, celle où on élit le maire, parce que je jouais en Écosse avec le XV de France », raconte celui qui a joué la finale de la première Coupe du monde, en 1987.

« Garuche » sur le terrain dans les années 80.
DDM
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Aux côtés d’Hubert Arbès, un cycliste connu pour avoir été le lieutenant de Bernard Hinault, Jean-Pierre Garuet est notamment chargé de la commission des sports lors de son premier mandat. S’il se souvient de quelques belles réalisations, cette première expérience en politique est un peu difficile à vivre : « En tant que joueur du FCL et élu à la mairie, j’étais dans une situation délicate… Une sorte de conflit d’intérêts qui m’a valu de nombreuses critiques. »
« Il est temps de laisser la place aux jeunes »
Pour s’éviter d’être pris à partie, le « Professeur » s’éloigne un temps du sport dans les affaires municipales et apprend à découvrir d’autres domaines au fil de ses mandats : la culture, la sécurité, le logement… Sa grande notoriété lui est d’ailleurs toujours aussi utile pour aller chercher des subventions et faire aboutir des projets. « Je me suis servi de mes relations pour œuvrer en faveur de ma ville », glisse-t-il, le sourire aux lèvres. Comme lorsque son « ami » Jean Gachassin était président de la Fédération française de tennis : une aide bienvenue qui aura permis la couverture des courts de tennis de la cité mariale…
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Après avoir passé quatre mandats au sein de la majorité municipale, sous Philippe Douste-Blazy puis Jean-Pierre Artiganave, l’ex-pilier découvre l’opposition en 2014. Un rôle différent, avec beaucoup moins de responsabilités, que Jean-Pierre Garuet prend néanmoins à cœur « par respect des électeurs ». Mais, après plus de 35 ans d’engagement au service des Lourdais, « Garuche » a décidé de raccrocher définitivement l’écharpe tricolore. Les prochaines élections municipales, les 15 et 22 mars, marqueront la fin de sa carrière d’élu : « Il est temps de laisser la place aux jeunes. Pendant toutes ces années, je me suis régalé à œuvrer pour ma ville. »
Si la vie politique de Jean-Pierre Garuet s’arrête, il ne disparaît pas pour autant du paysage lourdais. Son portrait, peint sur le mur des internationaux du stade Antoine-Béguère, rappelle qu’il est une légende et l’un des plus fervents supporters du FCL XV, son club de cœur et de toujours.