La séance a débuté à 16h40, avant d’être suspendue à 16h55 pour près d’une heure. Arrêtés à proximité du siège de 6e Sens Immobilier, visé par des dégradations lors du pic de tensions entre antifas, black blocs et forces de l’ordre au niveau du quai Claude Bernard, Giulia L., 25 ans, née à Milan et Marco P., 34 ans, originaire de Turin, comparaissaient ce lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon.
La salle d’audience était pleine, avec notamment un petit groupe de cinq à six Italiens — vraisemblablement des proches des prévenus — présents dans le public.
Poursuivis pour dégradations et participation armée à un attroupement le visage dissimulé, les deux prévenus, souriants et détendus à l’audience, sont accusés d’avoir pris part aux violences commises en marge de la manifestation du 1er mai.
Un abribus ainsi que l’agence 6e Sens Immobilier avaient subi de nombreux dégâts. JC Decaux et le promoteur se sont constitués partie civile.
Mais la défense a mis en lumière un vice de procédure : selon l’avocate des prévenus, cinq pages manquaient au dossier de procédure numérique, dont le recto de la garde à vue de Marco P.
La procureure a tenté de relativiser en rappelant que la version papier du dossier était complète. Problème : cette version n’a jamais été transmise à la défense.
Face à ces irrégularités, la présidente du tribunal a suspendu l’audience, le temps que la situation soit régularisée.
À 18h, la présidente du tribunal correctionnel de Lyon a annoncé que les procès-verbaux de comparution immédiate du 2 mai 2025 étaient « nuls ». Faute de base procédurale valide, l’audience a donc été levée. Marco P. retourne en détention provisoire tandis que Giulia L. est laissée libre.
Les deux prévenus devraient être reconvoqués ultérieurement.