Le monopole historique de la RATP pour l’exploitation du réseau de bus de Paris et de la petite couronne a pris fin le 1er novembre dernier, conséquence de l’ouverture à la concurrence sur ce secteur géographique, après celle opérée à partir de 2021, en moyenne et grande couronne. Or les couacs (retards, suppression de bus…) qui ont accompagné et accompagnent encore cette nouvelle organisation dans la grande ceinture parisienne laissaient craindre des dysfonctionnements ou une moindre qualité de service dans la capitale et sa proche périphérie. Mais, quelques mois après l’entrée en vigueur des contrats des trois premières délégations de service public (DSP) à Paris et en petite couronne (représentant 90 lignes de bus), « les premiers chiffres sont très encourageants avec une progression nette pour la régularité des lignes de bus et de l’information voyageurs », affirme Ile-de-France Mobilités.
L’offre de transport s’est « nettement améliorée »
Sur les territoires concernés par ces trois délégations de service public, l’offre de transport s’est « nettement améliorée » depuis novembre. « Le taux de réalisation de l’offre commandée par Ile-de-France Mobilités est passé en moyenne de 92 % à 97 %, et ce malgré les contraintes propres à Paris et à la petite couronne (conditions de circulation parfois difficiles, travaux, manifestations…) et l’absentéisme ponctuel de conducteurs, précise l’autorité organisatrice des transports dans la région. Les voyageurs bénéficient donc aujourd’hui d’une offre de bus plus fiable, des passages plus réguliers, moins de suppressions de bus et des temps d’attente mieux maîtrisés ».
Car le service clients et l’information voyageurs se seraient, eux aussi, améliorés, les nouveaux contrats ayant permis de « réhausser les attentes » d’Ile-de-France Mobilités vis-à-vis des opérateurs de transport. « Un gros travail est en cours pour la fiabilisation de l’information voyageurs aux points d’arrêts et dans les applications, avec notamment la mise en place des nouvelles bornes d’informations voyageurs qui assurent plus de fiabilité », illustre l’autorité organisatrice des transports. Et les nouvelles bornes d’achat de ticket par carte bancaire embarquées, en cours de déploiement dans les bus, permettent aux conducteurs de ne plus effectuer de vente à bord et de se concentrer sur la conduite.
« L’objectif a été tenu »
Du côté des salariés, « plus de 98 % des effectifs transférables ont été repris par les opérateurs entrants », indique Ile-de-France Mobilités, qui précise que « les 2 % restants ont refusé leur transfert ». Et « comme cela est prévue dans le cahier des charges des appels d’offres, ils bénéficient d’une garantie d’emploi et d’une garantie de rémunération », assure l’autorité organisatrice des transports dans la région.
« L’objectif a été tenu », estime ainsi Ile-de-France Mobilités qui voit dans ces premiers résultats le fruit d’un travail d’anticipation mené avec les opérateurs Keolis et RATP Cap IDF (filiale de droit privé de la Régie autonome des transports parisiens) « afin d’assurer une bascule fluide » avec la précédente organisation. Un premier bilan qui permet d’« envisager sereinement la mise en place des deux prochaines transitions ». À savoir, les nouvelles délégations de service public confiées à RATP Cap IDF sur le secteur de Juvisy et à l’opérateur italien ATM (Azienda Trasporti Milanesi) sur le secteur « Croix du Sud » (comprenant 18 lignes de bus desservant principalement le sud des Hauts-de-Seine, notamment les communes de Châtenay-Malabry, Châtillon, Clamart, Fontenay-aux-Roses, Issy-les-Moulineaux, Le Plessis-Robinson, Malakoff, Meudon et Vanves), dont les contrats ont officiellement démarré le 1er mars. Un enthousiasme justifié ? Réponse dans quelques mois…
Encore des suppressions de bus en grande couronne
Mais ce premier bilan positif à Paris et en petite couronne est contrebalancé par des difficultés qui persistent en grande couronne. Des dysfonctionnements dénoncés par les élus régionaux du groupe de la Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne qui, depuis septembre 2024, livrent régulièrement un décompte des suppressions de bus sur ce secteur. Et leur dernier bilan fait état de 1 542 courses officiellement supprimées du 16 au 20 février.
« La semaine précédente, 1 323 bus étaient supprimés » et « l’an dernier, à la même période, 1 828 courses », complètent ces mêmes élus, précisant que ces décomptes ne sont pas exhaustifs, certains réseaux ne publiant pas d’informations relatives à ces suppressions ou seulement sur certains créneaux horaires.
Les élus de la Gauche Communiste, Écologiste et Citoyenne réclament ainsi « des mesures d’urgence et la mise à l’étude d’une régie publique régionale des bus ainsi que le remboursement des abonnements des usagers concernés », jugeant « inacceptable que cette situation en grande couronne reste plus longtemps sans réaction, ni remise en cause de la mise en concurrence ».