© Les Nouveaux constructeurs – Avec 71 logements en accession à la propriété proposés, les Docks 42 est la figure de proue du logement neuf à Saint-Étienne.
Où sont passées les grues dans les rues de Saint-Étienne ? Si la question peut prêter à sourire, elle résume l’état du marché du neuf dans la cité stéphanoise, selon les professionnels de l’immobilier. Si 35 personnes ont acheté un appartement neuf au premier trimestre 2025 à Saint-Étienne, la tendance est loin d’être à l’effervescence sur ce segment.
Yohan Peyrard, directeur de l’agence 42ème avenue immobilier à Saint-Étienne, en témoigne. « Peu de ventes se font en ce moment et c’est toujours une mauvaise nouvelle quand il n’y a pas de grue dans une ville. Le marché du neuf n’est pas porteur et les projets ne sont pas assez attractifs pour attirer du public. »
L’exemple le plus parlant selon lui est le programme « In wood », prévu dans le quartier du Soleil. Porté au départ par le promoteur Ideom, issu du groupe montpelliérain Amatis, le projet prévoyait la construction de 68 logements du T2 au T4 répartis dans trois immeubles pour une surface plancher totale de 4 155 mètres carrés. Le groupe a finalement renoncé à sa construction, sans donner plus d’explications.
Le neuf à Saint-Étienne, un gouffre financier ?
Quelques autres projets sont en cours de réalisation, comme les Docks 42, porté par le promoteur Les Nouveaux constructeurs. Un programme immobilier à proximité immédiate du Collège Jules-Vallès et dont l’opération prévoit la réalisation de trois immeubles à ossature bois. Au total, 71 logements en accession à la propriété seront proposés fin 2027.
Démarré en décembre, le porteur de projet se dit confiant sur la viabilité de cette offre : « Nous avons déjà vendu un certain nombre de logements. La livraison est toujours prévue pour la fin d’année 2027. Nous avons des demandes tous les jours sur ce programme, avec des ventes réalisées tous les mois. » La cible : des retraités ou des primo-accédants.
Les Nouveaux Constructeurs (qui ont repris le projet ‘In wood’, NDLR) voient un potentiel sur ce marché, avec la possibilité pour la clientèle d’emprunter à taux zéro pour de l’immobilier neuf. Mais la demande reste trop faible et la construction pas assez rentable, au regard du prix du marché. C’est en tout cas l’analyse d’Hervé Girard, directeur des Terrasses de l’immo à Saint-Étienne.
« L’offre du neuf en centre-ville de Saint-Etienne n’est pas assez attractive aujourd’hui. » Pire même selon lui, acheter du neuf aujourd’hui revient : « à perdre de l’argent. Ces produits décotent vite et je constate que des personnes qui ont acheté du neuf il y a trois ou quatre ans doivent le revendre 30 % moins cher pour s’aligner sur les prix du marché. »
L’attractivité du centre-ville, un frein à la vente du neuf à Saint-Etienne ?
Comme nombre de ses confrères, aujourd’hui le neuf ne constitue qu’une infime part de ses ventes. Pourtant, en périphérie de la ville, comme à l’Étrat ou Saint-Priest-en-Jarez, les programmes attirent davantage. Saint-Etienne manque-t-elle d’attractivité ou de dynamisme ?
« Le marché se contracte et on constate que peu de personnes veulent investir à Saint-Étienne. Quand ils ont les moyens, ils achètent tous en périphérie et le manque de dynamisme et d’attractivité de la ville se ressent sur le marché. » Quand un F2 neuf part dans la journée à Saint-Just-Saint-Rambert, la durée de commercialisation des appartements dans la cité stéphanoise est plus longue.
Pour Yohan Peyrard, le marché de la rénovation a bien plus la cote et il estime que passé les 65 mètres carrés, le neuf n’intéresse plus sa clientèle. « Le neuf va attirer les couples de retraités, voulant se rapprocher des commerces et services. En majorité, ils veulent un appartement au dernier étage avec ascenseur et parking au sous-sol, et ce type de bien ne court pas les rues. »