À 47 ans, Soprano fait
aujourd’hui partie des artistes les plus populaires
du rap
français. Habitué des grandes scènes et des tournées
spectaculaires, le Marseillais affiche souvent une image
positive et fédératrice
, qui contre souvent avec l’image
que l’on peut se faire du rap. Pourtant, derrière cette carrière à
succès se cache un parcours marqué par des périodes beaucoup plus
sombres.

Dans le documentaire « Soprano : à la vie, à la mort », diffusé
sur la plateforme Disney+, le chanteur se livre comme rarement. Il
y revient sur son enfance dans les quartiers nord de Marseille, ses
débuts avec le groupe Psy 4 de la Rime et les difficultés
rencontrées au fil de sa carrière.
À travers six épisodes,
l’artiste retrace les moments clés de sa vie, mêlant images
d’archives, souvenirs personnels et témoignages de ses proches.

Mais surtout, ce documentaire dévoile une facette plus intime de
l’artiste. Malgré la réussite et la reconnaissance du public,
certaines périodes ont été marquées par le doute, la
fatigue et un profond mal-être.
Des périodes difficiles
que Soprano a d’ailleurs évoquées dans un entretien avec
Télé-Loisirs avant la sortie du projet.

Un artiste fragilisé malgré le succès

C’est au début des années 2000 que Soprano se confronte
à une première période difficile.
À cette époque, le
groupe Psy 4 de la Rime connaît déjà un certain succès et enchaîne
les concerts. Pourtant, derrière la scène, le rappeur ne se sent
pas heureux.

« J’étais en mode ‘Fuck le
monde’… je déteste tout
« , confie-t-il à nos
confrères. L’artiste explique alors qu’il se sentait incompris et
profondément seul, malgré la réussite de son groupe et l’attention
du public.

Ce mal-être s’accompagnait d’une perte de repères. Le jeune
artiste, encore au début de sa carrière, avait du mal à
gérer la pression du métier
et la place grandissante que
prenait la musique dans sa vie. Avec le recul, Soprano reconnaît
que cette période a été l’une des plus compliquées de son
existence. Mais
il affirme également qu’elle a contribué à construire l’homme

qu’il est devenu aujourd’hui, plus conscient de l’importance de
l’équilibre personnel et familial.

Le soir où Soprano a voulu « quitter ce
monde pourri »

Quelques heures avant un concert, le rappeur a songé au pire. Ce
soir-là, Soprano est seul dans une chambre d’hôtel, submergé par
ses pensées. « Je trouve une sorte de petit hôtel abandonné, je
rentre dedans. Je suis allongé et je réfléchis. J »avais acheté un
petit pack de bières. Mais j’ai jamais bu d’alcool. Je me suis dit
que, peut-être, ça allait me donner le courage de faire une
connerie et de me casser de ce monde pourri
« ,
avoue-t-il.

Dans sa tête, l’idée est claire : se donner du courage
pour en finir et s’ôter la vie
. Finalement, un déclic
survient. En effet, au réveil, Soprano a la tête qui tourne et
vomit à cause de l’alcool. Après un moment de réflexion et malgré
son état, il décide de quitter la chambre et de rejoindre ses amis
pour assurer le concert prévu. Sur scène, l’accueil du public agit
comme un électrochoc.

Ce soir-là marque un tournant pour le rappeur. Il affirme
aujourd’hui que le soutien de ses proches et l’amour du public
l’ont aidé à sortir de cette spirale sombre. Désormais, Soprano
assure être « l’homme le plus heureux du
monde »
, grâce à sa famille, ses amis et la
musique.