Pour la première fois en France, la justice a établi un lien direct entre le travail de nuit et un cancer du sein. Le tribunal administratif de Marseille a donné raison à une infirmière qui avait travaillé de nuit pendant près de 25 ans à l’hôpital de Martigues, à Marseille.
Dans le salon de Sylvie, deux épais dossiers, l’un vert, l’autre jaune, sont posés sur un petit meuble. À l’intérieur, des années de comptes rendus médicaux, d’expertises et de procédures. Sept ans de démarches pour faire reconnaître le lien entre sa maladie et son activité professionnelle.
« Tout est là-dedans. On va peut-être pouvoir les ranger dans le placard maintenant », lance-t-elle au micro de RTL. « Je suis super contente. C’est un soulagement parce que je suis arrivée au bout du tunnel. Je ne vais plus souffrir de tout ça. Je vais seulement faire attention à moi ».
« Quand on n’a pas la santé, on n’a pas besoin de ça »
Aujourd’hui en rémission, Sylvie devrait désormais pouvoir bénéficier d’une indemnisation. Mais pour elle, l’essentiel est ailleurs : la reconnaissance officielle.
« À partir du moment où il y a une reconnaissance, on fera davantage attention aux femmes qui travaillent de nuit », explique-t-elle. « J’aimerais que le cancer du sein soit inscrit dans le tableau des maladies professionnelles. Les femmes n’auraient plus à traverser toutes ces épreuves quand elles sont déjà malades. Quand on n’a pas la santé, on n’a pas besoin de ça ».
Si Sylvie peut désormais refermer ses dossiers, son combat ne s’arrête pas pour autant. Elle prépare un voyage à vélo pour sensibiliser aux risques du travail de nuit, encore trop méconnus selon elle.
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