Chaque semaine, “Télérama” arpente les rues de Paris à la recherche des plus belles créations de street artistes en accès libre. Aujourd’hui, zoom sur les personnages enfantins et le style bien caractérisque de l’Allemande Hera.
La fresque de la street artist allemande Hera, Paris, 2026. Photo Olivier Granoux pour Télérama
Publié le 06 mars 2026 à 12h00
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Jasmin Siddiqui, née à Francfort en 1981, s’est fait connaître dans le milieu de l’art urbain au début des années 2000. Sous le nom de Hera, elle forme, avec son compagnon Falk Lehmann, aka Akut, le duo… Herakut, dont les personnages enfantins vont alors coloniser nombre de murs dans le monde entier. Séparée depuis 2020, Hera continue en solo, mais n’a pas changé de formule : elle peint toujours avec une étonnante dextérité des enfants aux regards intenses et pénétrants, dans un carambolage de styles mélangeant le lowbro et le pop surréalisme chers à Mark Ryden, teinté d’heroïc fantasy. Hera aime en effet couvrir la tête de ses enfants de coiffes étranges, souvent des peaux de bêtes dont on a gardé la tête, conférant à ses personnages de conte de fées une dimension sauvage et surnaturelle.
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En rentrant de São Paulo, où elle vient de réaliser une immense fresque, l’Allemande a fait un crochet par Paris pour honorer le mur Verticle 75, nouveau spot de street art parisien à programmation régulière inauguré par L’Atlas en novembre dernier. Si l’on y retrouve une nouvelle fois son style caractéristique, avec ce visage au regard intense, ses couleurs gothiques un peu froides, le traitement des cheveux, pour une fois non cachés, est plutôt fascinant : une véritable bataille épique et mystique s’y déroule, impliquant serpent, licorne, chevalier, sirène ou chien des Enfers. Une façon plus ou moins directe d’évoquer la guerre, le combat entre le bien et le mal, les sentiments contradictoires qui agitent nos esprits en ces temps troublés ? La citation, adaptée d’une chanson des Smiths (How Soon Is Now ?), ne nous en dit pas plus. « Je suis l’invocatrice de rien de particulier », dit Hera. Qui préfère, comme à chaque fois, laisser libre l’interprétation de sa peinture.
Où ? 5, rue Poissonnière, 2ᵉ. Devant le bar à vins L’Ivress.
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