Depuis trois ans, Guillaume Cuiller, hautboïste, se produit en octuor à vent sur instruments anciens, dans un répertoire de la fin XVIIIe. Plusieurs programmes différents donnent naissance à un disque, intitulé Swinging’Partita.

L’art du divertissement

Cet hommage à l’octuor autour de 1800, permet de dénicher des œuvres oubliées, tout en côtoyant des pièces incontournables. Cette formation, précise Guillaume Cuiller, apparaît vers 1760. Elle est très à la mode dans les cours princières de l’est de l’Europe. L’empereur Joseph II de l’empire austro-hongrois crée une harmonie en 1782. Tous les princes se doivent d’en posséder une. Les huit musiciens peuvent se déplacer à l’intérieur des demeures pour les soirées, mais aussi à l’extérieur, dans les parcs. Les invités peuvent déambuler et écouter des sérénades à divers endroits, un avantage indéniable de cette formation. C’est une musique de divertissement joyeuse et entraînante qui cache sa complexité derrière une plaisante légèreté. La musique est pour tout public, rythmant la vie de tous les jours, même les cérémonies militaires.

Un âge d’or

Les compositeurs fournissent de nombreuses œuvres, des arrangements d’opéras connus mais également des pièces originales pour cette formation. Elles regroupent hautbois, clarinettes, cors et bassons. On peut entendre un Rondino de Ludwig van Beethoven, mais aussi des compositeurs moins connus, comme Franz Krommer, un ami de Beethoven, Antonio Casimir Cartellieri, sans oublier la musique maçonnique d’Antonio Salieri. Des œuvres virtuoses pour chaque instrument.

Un clin d’œil du XXIe

Avec les guerres Napoléoniennes, les princes ruinés suppriment les musiciens, la pratique se perd. D’où l’idée de commander à Guillaume Connesson, compositeur contemporain, une pièce originale pour instruments anciens, Le tombeau des seventies. Il met son langage à lui, tout en rendant hommage à cette période faste. Il recrée des sonorités pop des années 1970 et s’en sert pour créer un nouveau langage. Une renaissance de l’octuor à vents ?

Swinging’Partita, 15 € sur www.stradivaria.org mais aussi à la FNAC, à l’Espace Culturel Leclerc et sur de nombreuses plateformes. Contact : 02 52 10 16 21.