Par
Rédaction Lyon
Publié le
7 mars 2026 à 14h51
Cette interview est publiée dans le magazine « Nouveau Lyon » de mars 2026 dans les kiosques depuis vendredi 20 février 2026 dont actu Lyon est partenaire.
À quelques jours du premier tour des élections métropolitaines et municipales 2026 à Lyon, le président écologiste sortant de la Métropole Bruno Bernard défend ses projets en matière de mobilités. Il confirme qu’il continuera à déployer de nouvelles pistes cyclables et lancera le projet de la transformation de la rive droite du Rhône. Interview.
« 100 km de Voies lyonnaises cyclistes dans le prochain mandat »
Actu : Un sujet lancinant de votre mandat, c’est la réduction de la place de la voiture au bénéfice des Voies Lyonnaises cyclistes. Si vous êtes réélu, allez-vous les poursuivre ?
Bruno Bernard : Le réseau des Voies Lyonnaises a été présenté voici déjà quatre ans. C’est un réseau complet de 350 km qui dessert l’ensemble de nos territoires. Nous avons déjà réalisé 170-180 km. On souhaite rajouter au moins 100 km au mandat prochain. Il faudra probablement encore une partie du troisième mandat pour terminer les 350 km. Les travaux seront plus faciles à gérer puisqu’ils seront étalés dans le temps, contrairement au mandat qui vient de s’écouler avec le Covid, les consultations, les études… Mais oui, bien sûr qu’il faut poursuivre ! C’est une question de santé publique.
Ce moyen de déplacement est très favorable en termes de pollution de l’air, pour la santé et il ne coûte pas cher, voire quasi rien, à l’utilisateur. C’est la même chose pour la collectivité, puisqu’il induit très peu de coûts de fonctionnement, contrairement aux transports en commun qui coûtent dès qu’on fait sortir un bus ou un tramway.
Les critiques ne vous freinent pas ?
BB : D’abord, les vraies critiques portent sur les travaux. Mais les Voies Lyonnaises ne représentent qu’une partie des travaux. Les chantiers de tramways ont un impact plus fort, tout comme les réseaux de chaleur, les canalisations d’eau ou de gaz. Je l’ai dit, on va pouvoir étaler les travaux sur six ans. Nous allons aussi créer une vice-présidence à la gestion des travaux. On va également renforcer la relation avec les riverains et les commerçants, en créant par exemple des boucles WhatsApp. Après, il y a eu une opposition plus frontale de quelques maires Les Républicains qui ont voulu attaquer l’objet vélo à travers les Voies Lyonnaises.
La réduction de la place de la voiture ne crée pas d’embouteillages, selon Bruno Bernard
Il y a aussi la critique sur la réduction de la place de la voiture, ça rajoute des embouteillages quand même…
BB : Je ne partage pas ce point de vue. Une fois les travaux finis, les vélos peuvent rouler en sécurité, des piétons bénéficient de trottoirs généralement élargis. Et il y a moins d’usage de la voiture. Souvent le stationnement est réduit, pas forcément la circulation.
Rive droite du Rhône : « un report de circulation sur d’autres voiries »
Vous avez parlé du projet Rive droite avec là aussi une réduction du nombre de voies de circulation.
BB : Ce qu’on souhaite faire sur la rive droite du Rhône à Lyon pour le mandat prochain, c’est le tronçon entre la passerelle du Collège et le pont Wilson, début 2028, puis entre le pont Wilson et le pont de l’Université d’ici 2030.
Il y a une demande d’études d’impact…
BB : Nous avions eu une réserve de l’Autorité environnementale (le feu vert de la préfecture a depuis été rendu, ndlr) et on y a répondu. Même sans le projet Rive droite, il y aurait naturellement une baisse de trafic automobile en Presqu’île de 36 %, entre 2015 et 2030. Avec le projet Rive droite, cette baisse serait de 51 %. La circulation, sur cet axe en particulier, a déjà beaucoup diminué. Soit, entre 2019 et 2023, de 14 à 27 % selon les secteurs. Rappelez-vous les berges du Rhône, tout s’est bien passé et personne ne voudrait revenir en arrière.
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Il ne resterait plus qu’une file automobile dans le sens nord-sud…
BB : Oui, mais il y a plusieurs files de l’autre côté du Rhône, entre Foch et Guillotière. Les études montrent que la poursuite de la baisse du trafic va permettre de prendre en charge la diminution des voiries et qu’il y aura un peu de report de circulation sur d’autres voiries pouvant accueillir ces déplacements, comme le boulevard périphérique.
Au sommaire de Nouveau Lyon :
- Bruno Bernard et Véronique Sarselli, 2 projets opposés pour la Métropole
- Fourvière : le tunnel d’Aulas (vraiment) infaisable ?
- Energie : faire face aux besoins de demain
- Question : Ouest ou Nord, quelle priorité pour le Sytral ?
- Chantier : Moveo, une gueule de bois
- Et aussi : le nouveau macrolot des Gratte-ciel, le complexe immobilier qui remplace la halle Debourg, projets de végétalisation pour Bellecour, de l’escalade pour l’église Saint-Bernard…

La Une de Nouveau Lyon de mars 2026. (©DR)
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