La polémique enfle à Marseille. À une semaine du premier tour des municipales, Tina Biard-Sansonetti, tête de liste dans les 13e et 14e arrondissements pour le camp du maire socialiste Benoît Payan, essuie une controverse après la révélation d’un message interne à son équipe de campagne évoquant un projet de tractage devant des lieux de culte musulmans.

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Le message, un extrait du compte-rendu d’une réunion qui s’était tenue la veille dans le nord de la ville, révélé par Marsactu et consulté par Le Figaro, aurait été diffusé par erreur sur WhatsApp par Karim Touche, colistier du Printemps marseillais derrière Tina Biard-Sansonetti, tête de liste pour Benoît Payan dans ce secteur. Le texte mentionne notamment l’idée d’alerter plusieurs responsables de mosquées des quartiers nord. « Tina informe le président de la Busserine, Ahmed celui des Bleuets et Azedinne celui des Flamants », indique le message, en référence à trois importantes mosquées marseillaises. « Ils feront soit un appel à voter Tina soit à faire barrage au RN. Et ils informeront les fidèles que des militants sont à l’extérieur. »

« Ces formulations ont aussitôt été dénoncées par plusieurs adversaires. Comment appelle-t-on le fait de subventionner ou soutenir des associations, puis de pousser ses représentants à appeler à voter pour sa propre liste ? C’est du CLIENTÉLISME. Ces pratiques pourries doivent disparaître », affirme sur X, le candidat LFI Sébastien Delogu. Même indignation côté RN, Franck Allisio juge « insupportable » l’idée de transformer des abords de lieux de culte en terrain de mobilisation politique. En toile de fond, les critiques invoquent l’article 26 de la loi de 1905, qui interdit de tenir des réunions politiques dans des locaux servant habituellement à l’exercice d’un culte.

Tina Biard-Sansonetti conteste l’interprétation du message

Auprès de Marsactu, la candidate conteste toutefois l’interprétation. Tina Biard-Sansonetti assure qu’il n’a « à aucun moment » été question de faire campagne dans un lieu de culte, évoquant une démarche limitée à l’espace public et justifiée par « l’affluence », au même titre que sur les marchés, devant les écoles ou près des églises. Elle soutient aussi que le message a été « tronqué » et que ses équipes avaient précisé aux responsables religieux qu’ils « ne pouvaient pas appeler au vote ».

Dans un communiqué publié sur X, la mosquée des Bleuets affirme de son côté n’être associée à « aucune campagne électorale, consigne de vote ou soutien à un candidat ou à une liste politique ». Cet épisode ravive aussi des tensions autour de ce lieu de culte, déjà visé à l’automne par une décision de fermeture administrative de deux mois prise par la préfecture des Bouches-du-Rhône, mesure ensuite suspendue par la justice. L’imam de la mosquée a par ailleurs été condamné pour apologie du terrorisme en mai 2025.

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