À la mort d’Ali Khamenei, le 28 février 2026, ils ont débouché le champagne à leur domicile. Darius et Marianne ont fui l’Iran, il y a une bonne trentaine d’années. Là-bas, ils ont vécu sous le joug du régime des mollahs. Dans cette première vie, Marianne était contrainte de porter le voile, signe distinctif d’une oppression quotidienne pour des femmes aux droits réduits à bien peu de choses.
En France, elle a trouvé la liberté de choisir de son propre chef. L’amour aussi en rencontrant Darius à Paris où tous deux sont arrivés à quelques années d’intervalle. De leur union sont nés deux beaux enfants, dont Avesta, l’aîné, 23 ans. Même si leur passé est beaucoup moins lourd à porter, eux aussi ont sablé le champagne avec leurs parents, le 28 février.
Depuis leur exil qui, après Paris, les a conduits à Marseille il y a dix ans, Darius et Marianne se demandaient si un jour pareil allait pouvoir se lever. La lumière a fini par percer à la fin d’un très long hiver.
Qui pour incarner le changement ?
« Voir leur bourreau mort a été un soulagement, témoigne Avesta. Généralement, on ne souhaite pas la mort de qui que ce soit, même celle de gens dont l’opinion politique est fortement éloignée. En revanche, lui qui a ordonné le massacre d’au moins 30 000 personnes en début d’année ne suscite aucun sentiment si ce n’est une franche satisfaction à l’annonce de sa mort. »
Ils le faisaient déjà auparavant, ils s’y emploient encore plus particulièrement depuis le début de la guerre entre l’Iran et la coalition américano-israélienne. Marianne et Darius sont à l’affût de la moindre information qui circule sur leur pays natal. Avesta s’intéresse aussi de près à la situation avec une vision relativement différente.
« Si je l’observe d’un œil plus sceptique, mes parents nourrissent une vraie lueur d’espoir, expose leur fils. La différence vient du fait que j’ai grandi avec du recul, contrairement à eux qui sont exilés depuis plus de trente ans et ils souhaitent plus que tout revenir au pays, le jour où il sera possible de le faire en toute liberté. En ce qui me concerne, j’ai d’abord été très content à l’annonce de la mort de Khamenei, mais dans un second temps, je me suis rapidement interrogé sur le profil des personnes susceptibles d’incarner le changement, notamment celui de Reza Pahlavi. Si mes parents sont plus enclins à accepter son arrivée au pouvoir, moi, je suis davantage réticent. Maintenant, s’il n’y a pas d’autre solution, ce sera toujours moins pire que les mollahs. »
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