En lice pour un cinquième mandat, le maire sortant socialiste, François Cuillandre, ne se contente pas de jouer en défense. Ses troupes concentrent leurs attaques sur un adversaire : Stéphane Roudaut, candidat de la droite et du centre, mais aussi actuel maire de Gouesnou, l’une des communes de l’agglomération brestoise. Une collectivité que l’État « pourrait envisager de mettre sous tutelle », accuse le camp Cuillandre, dans un communiqué très musclé, dégainé mercredi. « Une grande manipulation », répond Stéphane Roudaut. Oui, la dette de la commune a fortement augmenté, mais pour investir dans une école, argumente-t-il en substance.

L’artillerie lourde est de sortie

La riposte ne s’arrête pas là. « Nouvelle affaire à Brest ? », interroge le maire de Gouesnou en questionnant la gestion du manoir de Kerbriant, discret lieu de réception des hôtes de marque de la ville. Mais aussi cadre de déjeuners de travail entre maires de la métropole. La question de l’opacité de l’usage de ce bâtiment avait été précédemment soulevée par deux listes de gauche concurrentes à celle de François Cuillandre, celles de Sébastien Muscat et de Réza Salami. Et bruissait depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux. En s’emparant de ce dossier, Stéphane Roudaut franchit un cap, lui qui refusait jusqu’alors l’attaque frontale à l’égard du maire sortant.

Et le théâtre des opérations dépasse la seule ville de Brest. Vendredi soir, le camp Cuillandre s’est emparé de la polémique sur le RSA, affichant son soutien à la CGT du Finistère. Le syndicat a engagé cette semaine une procédure de citation directe devant le tribunal correctionnel de Brest, pour dénoncer la politique menée par le conseil départemental du Finistère. Dans le viseur, Maël de Calan, qui a conquis cette collectivité en 2021, après plus de 20 ans de domination socialiste. Dans un communiqué publié ce samedi, ce dernier hausse à son tour le ton : « Face aux nombreux mensonges diffusés depuis 72 heures, le Département portera plainte pour diffamation contre les responsables qui profèrent ces attaques », prévient-il.

Le lien avec la campagne brestoise apparaissait assez inévitable. Le président du conseil départemental est l’un des soutiens de Stéphane Roudaut. Et Tristan Foveau, directeur de campagne de François Cuillandre, siège dans l’opposition départementale depuis 2024.

Des répliques probables jusqu’en 2028

Autant de fils qui se croisent et donnent à cette fin de campagne une tonalité de plus en plus politique. À mesure que l’échéance approche, la bataille locale ressemble de moins en moins à un simple duel municipal, et de plus en plus à un affrontement de camps. Avec des répliques probables jusqu’en 2028, année où Maël de Calan remettra son mandat en jeu.