Est-ce le match déclic de votre fin de saison ?
Après la déception de la coupe de France, on était tous atteints mentalement. Il fallait que l’on soit des combattants. La première mi-temps est maîtrisée, avec un magnifique but et l’exploitation de la profondeur. La deuxième mi-temps, au courage pour faire front, défendre ensemble, en jouant avec l’effectif, des impact players pour avoir moins de creux physiquement. On aurait pu avoir un but de plus à la pause. Mais c’est bien de ne pas prendre de but, c’est si rare depuis un an en Ligue 1.
Comment votre équipe a-t-elle accueilli la banderole du parcage (« Vous êtes des merdes ») ?
Ils sont forcément impactés parce qu’ils voient, entendent, vivent tout… mais il faut l’accepter. Quand on est à Marseille, les supporters ont le droit de s’exprimer ainsi. On l’a vue, on est marqué, mais pour ramener les supporters avec nous, il fallait avoir de la vie, du courage et remporter ce match de la sorte. Peut-être que la déception s’atténuera si on arrive à enchaîner les matches avec ce tempérament. Il reste encore neuf étapes. On voulait s’endormir avec cette troisième place provisoire. Le travail paie.
Comment était le vestiaire après le match ? Y avait-il du soulagement ?
Mon vestiaire est serein, en mission aussi. Une de nos missions n’est plus là, la coupe de France, mais il en reste une seconde : qualifier le club directement en Ligue des champions. On vit une forme d’union. C’était important de se rassembler à la fin, pour exprimer notre soulagement, après cette victoire arrachée tous ensemble. Mais ce n’est qu’un point de passage, rien n’est acquis. Cette victoire nous apporte de la joie, du bonheur… mais il faut se remettre déjà au travail.
Maintenant il va falloir relancer la machine à domicile, avec deux matches consécutifs au Vélodrome, contre Auxerre et Lille…
Ce sera un contexte très particulier. Pour bien connaître ce club, de temps en temps, le feu s’éteint tout seul, à travers votre comportement sur le terrain. Il y a la banderole, il n’y a pas les chants, mais chacune des personnes présentes aime viscéralement l’OM. Pour les ramener avec nous, il faut se battre, se mettre par terre pour l’OM. Si les supporters perçoivent cela, match après match, ils reviendront derrière nous. Même si les supporters sont déçus, ils vont rentrer à Marseille en se disant qu’on a quand même gagné ce match. Je suis très content de vivre ces deux matches au Vel’, à nous de l’enflammer et de lui redonner de la joie.
Pourquoi avoir sorti Greenwood à l’heure de jeu ?
On perdait en pression sur la première ligne. Je voulais qu’il vienne pour fixer le central gauche et Methalie, pour donner de la place à Timber et Weah. Comme Mason est un joueur d’instinct, je ne voulais pas qu’on se retrouve à dix. C’est pour cela que j’ai préféré le sortir après son carton jaune. Il nous a quand même mis un but fantastique.
Vous allez avoir désormais des semaines pleines pour travailler votre style de jeu…
Il faut gérer l’intensité, il n’y a pas de jour de repos dans la semaine, par contre on régule l’intensité des séances, tout en travaillant les aspects du jeu qui nous sont chers. En ce moment, c’est le contre-pressing, le besoin d’être très réactif à la perte de balle. Et cette notion de pressing, aller chercher haut, maintenir l’adversaire dans son camp. Oui, on va augmenter un peu plus la charge de travail, car il n’y aura plus de rencontre en semaine. On a des joueurs capables d’enchaîner, comme « Auba » ou « Kondo ». On commence à avoir des joueurs qui sont mieux athlétiquement.
Dans quelle mesure le résultat était plus important que la manière ce soir ?
Je pense qu’on a été bon dans le jeu en première mi-temps, on a eu du contrôle, de la maîtrise. Toulouse a beaucoup de verticalité, ça nous oblige à jouer box to box. On a appris de ce match de coupe. Un match ne se compose pas que de maîtrise et de contre-pressing… La grande satisfaction du match, c’est de ne pas prendre de but, tout en ayant fait un match avec tous les visages que l’on doit avoir pour être performant dans la durée.
Carles Martinez Novell (entraîneur de Toulouse) :
« Non, je n’ai pas de regrets. On a fait notre maximum. L’OM, avec sa construction, les deux centraux, les milieux très bas… Cela nous a déstabilisés. On savait bien qu’avec Paixao, Greenwood, Aubameyang, ils seraient très forts en profondeur. Ce but, on y était préparé, mais même quand tu sais ce qu’il va se passer, les joueurs en face sont trop forts. Paixao, Greenwood, c’était trop dur de les arrêter. Ce but nous a fait mal à la tête, on a mis du temps à s’en remettre. Si vous m’aviez demandé en début de semaine de ne gagner qu’un seul des deux matches, j’aurais quand même choisi celui de mercredi, car il y a un trophée au bout. »