L’arrière écossais évolue sous le maillot du Stade Toulousain depuis deux ans. Son caractère et son style ont d’ores et déjà conquis ses coéquipiers de club, qu’il retrouve en partie, ce samedi (15h10), à l’occasion de la 4e journée du Tournoi des six nations.

Ses premiers pas dans l’Hexagone furent triomphants. Au sortir de la Coupe du monde de rugby 2023, Blair Kinghorn, international écossais méconnu du grand public, rejoignait le Stade Toulousain. Le longiligne arrière de 29 ans, natif d’Édimbourg et joueur du club de la capitale durant huit saisons, changeait complètement de paysage. Pour repartir de zéro et se lancer un défi de taille. Un choix payant. Dès sa première saison, Kinghorn remportait le doublé Top 14 et Champions Cup sous le maillot rouge-et-noir en prenant part à 14 matches pour… 14 victoires.

Une adaptation express qu’il n’aurait pas forcément imaginée quelques mois plus tôt. «C’était une année folle. (…) Je me souviens de mon arrivée, j’étais très nerveux. J’ai joué directement contre Cardiff (en Champions Cup, victoire 54 à 7). C’était une expérience géniale. Et la saison dernière, que dire… Je ne vais pas me plaindre», se confiait l’intéressé dans les colonnes de La Depêche du Midi, fin 2024.


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Un caractère marginal

Un an plus tard, Blair Kinghorn (49 apparitions sous le maillot toulousain) semble toujours pleinement épanoui dans la Ville rose, où il s’est d’ailleurs marié à l’été 2025. Son apport et sa polyvalence – capable de jouer à l’arrière, à l’ouverture et à l’aile – sur le terrain sont certains. Tout autant que son personnage fantasque qui réussit au groupe toulousain. «Chaque joueur à sa personnalité, son petit plus à apporter à l’effectif. Pour bien vivre, il faut des personnes un peu décalées, un peu en marge. Blair en fait partie. Sa manière de fonctionner est très marrante. En plus, il est très sociable», assurait le centre haut-garonnais Paul Costes, lors d’une conférence de presse en décembre dernier.

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Les frasques et coups de folie, l’Écossais les cumulent. Comme quand il s’est présenté en slip devant la presse, quelques minutes après la finale de Top 14 en juin 2025, remportée face à l’Union Bordeaux-Bègles (39-33). Après-match au cours duquel il a d’ailleurs offert un joli baiser à son coéquipier et ami Jack Willis, le Bouclier de Brennus en premier plan. La photo a fait le tour des réseaux sociaux, enterrant, l’espace d’un instant, l’historique hache de guerre entre Anglais et Écossais.

En 2024, après la victoire face au Leinster en finale de Champions Cup, c’est sur un zèbre, mascotte officielle de la compétition, qu’on avait retrouvé le Toulousain, imité un an plus tard par Damian Penaud, loin d’être avare en facéties. «Je n’avais jamais battu le Leinster en neuf ans à Édimbourg, je crois que c’est une belle réussite», savourait-il en riant, médaille autour du cou, au Tottenham Hotspur Stadium de Londres.

Appelé avec les Lions britanniques et irlandais

D’abord écarté du groupe écossais lors des deux premières journées du Tournoi des six nations 2026, l’arrière a été rappelé par son sélectionneur Gregor Townsend pour défier le pays de Galles (victoire 23-26 à Cardiff). Depuis sa première apparition avec le XV du Chardon en 2018, Blair Kinghorn n’a cessé de prendre du galon, jusqu’à compter aujourd’hui plus de 60 sélections. La dernière édition du Tournoi lui avait d’ailleurs parfaitement réussi, signant plusieurs prestations de haute volée avant d’être nommé pour le titre de meilleur joueur de la compétition (finalement remporté par Louis Bielle-Biarrey).

De brillantes performances qui lui ont permis de décrocher le Graal pour un joueur du Royaume-Uni : être appelé avec les Lions britanniques et irlandais. Deux sélections lors de la tournée en Australie l’été dernier et (encore) une belle anecdote à raconter. L’arrière écossais, arrivé seul et dans la nuit sur l’île-continent deux jours après la finale de Top 14, était tombé nez à nez dans sa chambre avec le capitaine des Lions et légende du XV de la Rose, Maro Itoje. «Je pensais qu’il n’y aurait personne dans la chambre. Je pose mes sacs et là, il se réveille, me serre la main et se rendort aussitôt. J’étais un peu gêné, je lui ai dit : “Oh pardon, tu dormais ?” C’était assez drôle !», a-t-il raconté au quotidien The Telegraph.


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Samedi (15h10) à Murrayfield, le facétieux Blair Kinghorn accueillera ainsi ses coéquipiers toulousains pour la première fois dans son jardin de Murrayfield. «C’est un mec solaire, toujours de bonne humeur, toujours motivé. Il a le sourire n’importe quelle semaine de l’année et il s’est en plus très bien intégré dans le groupe», se réjouit Julien Marchand (en conférence de presse), talonneur international du Stade Toulousain et qui sera titulaire à Édimbourg. «C’est quelqu’un qui sait faire rire. Il a des idées qui lui passent parfois par la tête et il y va à fond». L’Écossais aura-t-il celle de faire partir en fumée les rêves de Grand Chelem du XV de France ?