Changer la couleur des murs se fait en un week-end, remplacer
une moquette beaucoup moins. Un tapis posé au sol reste là
longtemps, au cœur du salon, de la chambre ou du couloir. Alors
quand on a demandé à un designer d »intérieur quelles couleurs de
tapis il jugeait franchement dépassées, il n’a pas pris de
gants.

Le décorateur américain Chris Goddard, interrogé par le site The
Spruce, a dressé une vraie liste noire de couleurs de tapis
démodées
. Certaines sont pourtant considérées comme des
basiques rassurants, presque automatiques au moment de choisir.
Derrière cette impression de sécurité, elles peuvent en réalité
dater et refroidir tout l’intérieur.

Pourquoi les couleurs de tapis démodées plombent l’ambiance
d’une pièce

La couleur d’un tapis structure immédiatement la perception d’un
espace, plus encore que celle des murs. Autrefois neutre star, le
tapis gris illustre bien ce retournement. Pour
Chris Goddard, « Tout ce qui appartient à la famille des gris donne
à un espace une impression très basique et peu coûteuse », déclare
le designer d’intérieur Chris Goddard dans une interview au site
The Spruce. Dans son esprit, on ne pense plus appartement chic,
mais plutôt couloir de bureau anonyme.

Il rappelle qu’un mur gris peut créer une atmosphère douce,
alors qu’une moquette grise rend la pièce froide et générique,
presque comme une salle de pause d’entreprise. Pour un neutre plus
vivant, il recommande des matières naturelles : un tapis en sisal
ou en jute, ou une laine couleur sable avec un tissage serré façon
panier, restent faciles à assortir tout en apportant du relief.
Parmi ces options, on peut miser sur :

  • Un tapis en sisal pour une texture sobre mais chaleureuse
  • Un tapis en jute légèrement plus rustique
  • Une moquette en laine sable à tissage panier, très
    polyvalente

Tapis gris, beige, berbère : les choix que le designer
bannit

Autre star d’hier, la moquette de style berbère très présente
dans les années 1980 et 1990, choisie pour son prix et son côté
décontracté. Là encore, le verdict tombe : « Même si la moquette
berbère a autrefois été saluée pour sa praticité et son style
discret, elle paraît aujourd’hui démodée », explique Chris Goddard.
Sa construction en boucles retient facilement poussière et saleté,
surtout dans les teintes atténuées qui révèlent chaque tache.

Les grands motifs graphiques hérités des années 1950 et 1960 ne
trouvent pas davantage grâce à ses yeux. « Les tapis avec de grandes
impressions graphiques ou tissées ont tendance à donner à un espace
l’impression d’une salle de cinéma ou d’un hôtel bon marché »,
dit-il. Plus difficile ensuite de marier meubles, rideaux et
tableaux sans surcharger. Quant au tapis beige,
souvent choisi par réflexe, il n’est pas épargné : « Les neutres
clairs comme le beige sont superbes lorsqu’ils viennent d’être
posés, mais après quelques semaines à vivre dessus, ils ont
tendance à montrer rapidement la saleté et la vie quotidienne »,
souligne Chris Goddard. Pire encore, « Le beige ressemble davantage
à une reddition, n’offrant aucune opportunité d’expression réelle
dans votre espace », ajoute-t-il.

Bleus, verts et tapis à motifs : quand
ces couleurs restent possibles

Les tapis bleus ou verts rappellent à beaucoup une chambre
d’enfance des années 1960 à 1980, entre vert avocat, bleu marine ou
turquoise. Pour Chris Goddard, ces couleurs ne sont pas interdites,
mais à manier avec une idée très précise derrière. « J’adore les
tapis de couleur profonde et vous pouvez vous amuser avec des
couleurs comme les bleus et les verts et même un shag léger si vous
saturez les murs et les moulures dans la même couleur », affirme
Chris Goddard. « Cela crée un environnement très chic et
d’ambiance. » Loin du simple accent coloré, il s’agit de plonger
toute la pièce dans une même teinte enveloppante.

Au final, le décorateur invite surtout à réfléchir d’abord à
l’ambiance voulue, puis à la durée de vie du tapis. Miser sur des
fibres naturelles en tonalités sable et sur la texture plutôt que
sur une couleur trop marquée permet de rester libre dans le reste
de la décoration. Et pour ceux qui rêvent de bleus profonds ou de
verts denses, son message est clair : tout est possible, à
condition d’assumer la couleur du sol jusqu’aux murs et aux
détails, et pas seulement sous les pieds.