La chose n’est plus vraiment un appareil photo instantané et pas totalement une caméra… elle joue sur la nostalgie des produits technologiques des années 70 en les remettant au goût du jour. Du coup, je l’ai prise en test pendant cinq semaines afin de voir ce qu’elle valait vraiment. Spoiler : j’ai adoré le concept, même s’il n’est pas (encore) parfait !
Découvrir l’Instax mini Evo Cinema
Retour au Super 8 mm, version numérique
Y’a pas à dire : Fujifilm sait faire de beaux objets au look vintage. La mini Evo Cinema ressemble à une version un peu plus compacte de la caméra Super 8 mm avec laquelle mon père filmait les événements familiaux. Seule différence esthétique notable, elle est intégralement faite de plastique. Même s’il est de bonne qualité, j’aurais aimé retrouver des matériaux plus premium. Ce n’est pas un coup d’essai de la part de Fujifilm : le constructeur a déjà sorti deux appareils photo (sans capacité vidéo) dans la famille Evo. L’Instax Wide Evo utilise des films de grande taille et le Mini Evo fonctionne avec les films de la taille d’une carte de crédit.
© Marc Mitrani pour Presse-citron
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Lorsque je sors la mini Evo Cinema de sa boîte, elle ressemble bien plus à une imprimante Instax (afficheur et boutons en plus) qu’à une caméra Super 8. Pour retrouver son look, il faut fixer le viseur aimanté sur l’écran et visser la poignée sur le filetage pour trépied logé à la base. Comme ce fut déjà le cas sur la Wide Evo, ses concepteurs se sont lâchés sur les commandes mécaniques. Tout se pilote à l’aide de touches, sélecteurs, molette ou roues crantées ! Cela peut dérouter un peu au début, mais je retrouve vite mes marques et des automatismes. Le mini-écran de 1,54 ” n’est pas tactile. Il fait office de viseur et donne accès aux menus de paramétrage.
Comme tout appareil photo instantané, la mini Evo Cinema nécessite un pack de films pour fonctionner. Je récupère donc une cartouche Instax Mini et je l’insère dans l’appareil avant de m’intéresser à ses capacités. Et tant que j’y suis, j’ajoute une carte microSD afin de pouvoir enregistrer confortablement les fichiers, la mémoire interne étant vite saturée (50 photos ou 10 clips vidéo).
© Marc Mitrani pour Presse-citron
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La mini Evo Cinema permet de capturer des images fixes, mais surtout des séquences vidéo de 15 secondes maximum. Elle dispose pour cela d’un capteur 1/5 ” de 5 mégapixels. Il ne faut donc pas s’attendre à des miracles niveau qualité, ce qui n’est pas gênant vu son positionnement. La qualité et le style des images fixes et animées enregistrées sont définis par une molette à dix positions allant de 1930 à 2020. Baptisée « Eras Dial » (soit molette temporelle), elle permet d’appliquer un filtre reproduisant le rendu de l’époque choisie. Son intensité peut être ajustée en tournant la bague cerclant l’objectif.
L’image peut être complétée par un « cadre » correspondant à la période : mention « Live » avec fausses icônes de contrôle pour 2010, date surimprimée pour 1980, viseur de caméscope pour 2000, etc. C’est amusant, mais je m’en lasse vite.
Enfin, un levier de zoom (numérique) permet d’ajuster le cadrage. Je suis un peu déçu par son fonctionnement par à-coups qui empêche de l’utiliser pendant la captation. Comme avec une caméra Super 8 grand public, il faudra que je bouge physiquement pendant la prise de vue.
Silence, on tourne !
La prise de vue est initiée par une pression sur le déclencheur situé sous l’objectif. Par défaut, il réagit comme celui d’une caméra vintage : il faut laisser son doigt dessus pour filmer, sinon l’enregistrement s’arrête. C’est ainsi que fonctionnaient les caméras à film d’antan. Un paramètre permet de rétablir un fonctionnement plus numérique : une pression pour déclencher, une autre pour stopper.
Chaque séquence peut être réalisée en une seule prise, ou en plusieurs fois en manipulant le déclencheur : c’est plutôt utile pour changer de point de vue ou pour zoomer. Quoi qu’il en soit, impossible de dépasser les 15 secondes fatidiques.
© Marc Mitrani pour Presse-citron
Fujifilm justifie cette limitation en expliquant que la mini Evo Cinema est avant tout un appareil photo capable de réaliser des clips et non pas une véritable caméra. De plus, l’usage visé est le partage sur les réseaux sociaux, expliquant sûrement que l’enregistrement s’effectue uniquement en mode portrait.
En utilisant l’app compagnon, je peux dans une certaine mesure contourner cette limitation en fusionnant deux clips de 15 secondes maximum. C’est mieux que rien, même si les possibilités de montage sont absentes. Dommage, j’aurais aimé pouvoir au moins caler un fondu enchaîné entre deux clips.
Plus anecdotique, mais trop basique, l’ajout d’une mini-séquence d’introduction comportant le logo de la marque et un petit générique. Tous deux sont gravés dans le marbre et il est impossible de les éditer. Plus embêtant : ils ne sont pas applicables sur deux clips de 15 secondes fusionnés, puisque l’on dépasse alors les 30 secondes fatidiques. L’app refuse obstinément d’enregistrer le résultat.
Filmer avec cette petite caméra est une expérience amusante, presque addictive. La faible définition de l’écran devient flagrante lorsque j’utilise le viseur, son effet grossissant montrant une sorte de bouillie de pixels plutôt que l’image telle qu’elle sera captée. Ce n’est pas grave : l’important est de pouvoir cadrer correctement la scène. Je verrai le résultat un peu plus tard.
Silence, on imprime !
Une fois les séquences et photos mises en boîte, j’ai deux possibilités : les regarder sur le mini-écran débarrassé du viseur aimanté ou les exporter vers mon smartphone. Depuis l’écran, il est possible de choisir dans un clip l’image que je souhaite imprimer. On peut également coller un QR Code sur l’image avant le tirage, et c’est là que ça devient vraiment malin : toute personne le scannant verra apparaître sur son smartphone la vidéo dont est extraite l’impression ! Pour cela, il faut synchroniser la caméra avec son smartphone, qui se charge de l’envoi du fichier à partager dans le Cloud Fujifilm où il restera accessible pendant 24 mois. L’opération s’effectue en quelques secondes sans le moindre problème.
L’app compagnon ouvre quelques possibilités supplémentaires amusantes avant impression : ajout de cadres, de texte, retouche basique (zoom, luminosité, contraste, saturation). Rien de révolutionnaire, mais suffisant pour personnaliser un peu le tirage. Attention toutefois : les séquences et images non imprimées restent consultables depuis la galerie de l’app… mais pas exportables. Seul le tirage — avec ou sans QR Code — leur permet de rejoindre la galerie du smartphone ou les réseaux sociaux.
© Marc Mitrani pour Presse-citron
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C’est évidemment un moyen pour Fujifilm de pousser à la consommation de films. La parade existe : récupérer le contenu de la microSD directement via un lecteur de cartes. Moins immédiat, mais ça marche.
Très bien, mais quid du résultat final ? Il est globalement conforme à ce que l’on peut espérer, compte tenu de la période temporelle choisie. Ainsi, une vidéo enregistrée en mode 2020 dispose d’une image assez nette et d’un son fidèle. Il est même possible de forcer le mode « haute qualité » qui enregistre en 1080 x 1440 pixels (en mode 2020 seulement).
© Marc Mitrani pour Presse-citron
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Sinon, tout est en 600 x 800 pixels, avec des altérations appliquées afin de se conformer au rendu cinématographique de l’époque. En 1930, par exemple, le filtre ajoute des craquements sur la bande-son et des rayures sur l’enregistrement monochrome. La séquence provenant des années 80 reprend les caractéristiques des antiques caméscopes : image pas terrible et parasites sont de la partie pour un résultat en phase avec ce que produisait cette technologie. Et ainsi de suite pour toutes les époques.
Un mot pour finir sur l’autonomie, assurée par une batterie non amovible rechargeable via USB-C. À en croire Fujifilm, elle permet d’effectuer 100 tirages avant d’être entièrement vidée. Dans la vraie vie, où l’on va filmer, refilmer et montrer ses clips depuis l’écran, c’est nettement moins. L’un dans l’autre, l’autonomie reste suffisante pour couvrir une journée de balades dans une ville ou une soirée entre amis. Comptez 2 h 30 pour un cycle complet 0 à 100 % avec le chargeur d’un smartphone.
Découvrir l’Instax mini Evo Cinema
Mon avis sur la mini Evo Cinema de Fujifilm
Avec la mini Evo Cinema, Fujifilm propose un appareil photo instantané vraiment pas comme les autres. J’ai apprécié l’utiliser pendant ce test et il reste pour moi très séduisant. L’idée du voyage dans le temps cinématographique est excellente, tout comme l’ergonomie globale de l’appareil. Elle permettra aux jeunes de comprendre que filmer avant les années 90 n’était pas si évident que cela… Les tirages produits par l’imprimante instantanée sont conformes à ce que l’on peut espérer, la vraie bonne idée étant l’ajout de QR Codes permettant de visionner puis télécharger la séquence dont est issue la photo. J’ai aussi apprécié de pouvoir imprimer directement depuis mon smartphone tout type d’images.
Réussite esthétique, originalité du concept et qualité du résultat : la mini Evo Cinema serait-elle parfaite ? Pas encore… J’ai ainsi plusieurs reproches à lui faire. En premier lieu, l’absence de joints d’étanchéité qui la rend sensible aux gouttes de pluie ou à tout liquide versé accidentellement. Autre reproche, certes moins gênant, le zoom numérique progresse par à-coups, ce qui le rend inutilisable pendant un tournage.
Je regrette aussi certaines barrières techniques : le changement de filtre temporel n’est pas immédiat (il prend près de 3 secondes) et il est impossible de dépasser les 15 secondes d’enregistrement maximum. L’app compagnon est agréable, mais souffre de quelques défauts ergonomiques agaçants. Impossible, par exemple, de swiper entre les séquences vidéo de la galerie : il faut revenir à la page principale pour en sélectionner une nouvelle. Il est difficile d’exporter simplement les fichiers qui n’ont pas été imprimés si je souhaite les intégrer dans un reel ou une story. Enfin, les possibilités de montage sont bien trop réduites, seul l’ajout d’une couverture, de texte ou d’un générique préfabriqué restant possible.
Le prix, enfin, donne à réfléchir. La mini Evo Cinema est vendue 379 euros, soit un prix conséquent qui risque de l’empêcher de trouver son public. Il faut lui ajouter le prix des films instantanés Instax Mini (17 euros le pack de 20 tirages) : la nostalgie n’est pas toujours donnée !
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Fujifilm Instax mini Evo Cinema
379 €
Prise en main & ergonomie
8.0/10
Qualité de construction
8.5/10
Fonctions connectées
9.0/10
Rapport qualité/ prix
8.0/10
On aime
- Concept original
- Côté vintage très à la mode
- Simplicité d’utilisation
- Qualité des impressions
On aime moins
- Quelques limitations agaçantes
- Ergonomie de l’app améliorable
- Zoom perfectible
- Pas d’étanchéité
- Prix élevé













