Une poignée de propriétaires (deux couples d’une même famille), situées proches de l’aire mais n’y habitant pas, avaient saisi la justice, épaulée par l’association de protection de l’environnement Sepanso. Le tribunal a estimé que cette aire de grand passage ne respectait pas la loi Littoral et posait des problèmes environnementaux.
La CAPB fait appel
Ce vendredi 6 mars, la Communauté d’agglomération du Pays basque (CAPB), gestionnaire du projet, a expliqué qu’elle « conteste les éléments constitutifs de la décision prise en première instance et fera appel de la décision ». Cela fait plus de dix ans qu’elle cherchait un terrain pour se mettre en conformité avec le Schéma départemental d’accueil des gens du voyage (SDAGV). Au total, 17 terrains différents avaient déjà été sondés.
La CAPB avait finalement jeté son dévolu sur ce terrain de 4 hectares, entre le chemin du Moulin-Pey et l’A63, limitrophe à la commune de Tarnos. D’une capacité de 158 places, équipée en eau et en électricité, il devait accueillir jusqu’à 200 caravanes, du 1er mai au 31 octobre, période traditionnelle de rassemblements religieux évangélique et de regroupements familiaux importants dans la communauté des gens du voyage.
« Espace naturel sensible »
Dans sa décision, consultable en ligne, le tribunal administratif annule la décision préfectorale en raison de l’absence d’évaluation environnementale. Il constate que le projet va « détruire une haie et un fourré servant d’habitat à plusieurs espèces animales, détruire des milieux favorables à certaines plantes, affecter 13 espèces (oiseaux, reptiles, hérisson, etc.), à proximité de l’espace naturel sensible du Habas ».
Les juges ont également estimé que le projet n’était pas conforme à la loi Littoral car il ne se situe pas sur une zone déjà urbanisée. Il est sur un terrain « non-bâti », « entouré de bois et de prairies, et est séparé de la zone urbanisée par l’autoroute A63 ». L’aire est ainsi considérée comme une extension de l’urbanisation interdite par cette loi.