En France,
la baguette
reste ce petit rituel quotidien qui accompagne
presque tous les repas. Depuis l’inscription des « savoir-faire
artisanaux et la culture de la baguette de pain » au patrimoine
culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO fin novembre 2022,

ce simple pain long
est devenu un symbole officiellement
protégé.

Dans les faits, des millions de personnes se rendent chaque jour
en boulangerie et 6 000 000 000 de baguettes environ sortent des
fournils chaque année, selon la Confédération nationale de la
boulangerie-pâtisserie française. Mais en regardant de près
l’étiquette en 2026, le
prix de la baguette
ne se joue plus seulement
sur le chiffre affiché en gros.

Prix de la baguette en 2026 : des montants qui bougent moins
que les étiquettes

Entre 2022 et 2025, le prix moyen en boulangerie est passé
d’environ 0,96 € à 1,10 € la baguette, soit près de +14,5 %.
L’Observatoire de la formation des prix parle d’un niveau moyen
autour de 4,07 €/kg pour la baguette courante en 2024. Sur le
ticket, la hausse semble désormais se calmer, mais l’histoire ne
s’arrête pas là.

Une enquête UFC-Que Choisir en 2025 relevait par exemple une
baguette classique à 1,09 € pour 240 g en boulangerie, contre 0,55
€ pour 250 g en grande surface. En 2026, l’enjeu se déplace : le
vrai écart ne se lit plus seulement à l’unité, il se cache dans le
poids et le prix au kilo.

boulangerie ©
shutterstock

On
dénombre plus de 39 000 boulangeries en France.

Shrinkflation : une baguette plus légère pour une inflation
bien réelle

Historiquement, une baguette pèse 250 g. Aujourd’hui, nombre
d’enseignes vendent des baguettes à 230 g, voire 200 g, tout en
gardant un prix psychologique autour de 1,10 € à 1,40 €. Résultat :
une inflation masquée d’environ 10 %. Un calcul simple le montre :
1,30 € pour 250 g, c’est 5,20 €/kg ; 1,20 € pour 200 g, c’est 6,00
€/kg, plus cher même si le prix à l’unité est plus bas.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et
de la répression des fraudes surveille ces pratiques. Le Code de la
consommation impose l’affichage du prix au kilo, et une baisse de
grammage sans information claire peut être vue comme trompeuse.

La baguette c'est fini ? Les boulangeries françaises la remplacent par ces autres produits, "Les gens adorent ça" © Shutterstock

Taxe sur les emballages : le détail qui
pèse sur la note… et comment garder la main

Depuis le 1er janvier 2025, les métiers de bouche sont soumis à
la Responsabilité élargie du producteur pour les
emballages ménagers : chaque passage en caisse génère une
éco-contribution d’environ 0,0079 €. Pour une boulangerie avec 2
000 clients par jour, l’addition atteint près de 6 000 € par an.
Pour éviter de relever franchement le prix de la baguette,
Dominique Anract propose « d’identifier deux ou trois produits
réguliers, comme le flan et le chausson aux pommes, et les
augmenter un peu pour prélever le montant de la taxe. » explique
Dominique Anract, cité par Actu.fr. De quoi faire réagir certains
clients : « On marche sur la tête… », lâche un internaute sur les
réseaux sociaux.

Pour ne pas subir ces hausses en douceur en 2026, quelques
réflexes deviennent utiles :

  • regarder systématiquement le poids affiché (200 g, 230 g, 250
    g) ;
  • comparer le prix au kilo entre baguette classique, pain de
    tradition française et bio ;
  • vérifier que ce prix au kilo est bien indiqué, en boulangerie
    comme en supermarché, et le signaler à la DGCCRF via SignalConso en
    cas d’absence