Vendée Féminine-RVC a passé un cap cet hiver. Structure de N1, la formation de La Roche-sur-Yon a obtenu le label Conti Fédérale pour 2026. Ce nouveau statut devrait lui permettre d’étoffer son calendrier en courses professionnelles, même s’il a fallu quelques nuits blanches pour officialiser le projet. Directrice sportive de l’équipe, Delphine Ledoux peut compter sur un effectif renforcé, notamment par d’anciennes professionnelles. Avant de disputer les Boucles de Seine-et-Marne ce dimanche, et de disputer leur première course pro de la saison la semaine prochaine, Delphine Ledoux a fait le point avec DirectVelo et raconté les coulisses de cette nouvelle stature.
DirectVelo : La saison a bien débuté, avec déjà une victoire à domicile…
Delphine Ledoux : Oui, on a bien lancé la saison avec Océane qui gagne après un gros travail d’équipe, c’était une belle journée pour nous à domicile. Tout le club était présent, les bénévoles… Le lendemain au chrono, c’était bien aussi, car on ne l’a pas travaillé tant que ça. On fait 4e à quelques secondes de la 2e place. On sait où on les perd, donc on va retravailler ça. Mais c’était un beau week-end.
Que change le statut de Conti Fédérale pour le club ?
Ça ne change pas grand-chose. Si ce n’est qu’on est invitées sur toutes les grosses courses UCI. On pouvait faire le Samyn mais on n’y est pas allé, pareil pour Almeria… On est invitées sur 90% du calendrier, ce n’est pas rien. Ça ouvre des portes, ça met un pied vers où on veut aller un peu plus tard. Mais au niveau des filles, elles ne sont pas payées, on en reste à ce statut.
« ON EST PLUS DEMANDÉ »
Pourquoi avoir fait ce bond vers ce statut ?
La Fédération nous avait contactés au mois de septembre, je ne savais pas trop si on allait répondre favorablement ou pas. Entre-temps il y a eu Noémie Abgrall Championne de France, on a eu pas mal de rendez-vous avec le département de la Vendée. C’était un souhait qu’on soit comme Vendée U qui est Conti Fédérale. Donc c’est un ensemble de choses qui ont fait qu’on a postulé, même si ce n’était pas évident administrativement. Ça a été galère, c’est un peu nouveau pour tout le monde, on tâtonne un peu. On a passé des nuits blanches pour répondre au cahier des charges de l’UCI, c’est le point noir de cette histoire.
Pour une structure historiquement amateure, est-ce qu’il faut faire un gros effort pour passer ce cap ?
Ça reste un effort, oui. Ce sont des frais en plus par rapport au club. Heureusement on a un club à fond derrière nous, on a tout un tas d’activités, on a l’équipe masculine aussi pour pousser. Ça rentre complètement avec ce que le club veut.
À quoi va ressembler le calendrier ?
On part en Espagne du 13 au 23 mars, on va disputer deux manches de Coupe d’Espagne. On a le Tour de Bretagne fin mai, les manches de Coupe de France FDJ, et on retournera en Irlande début septembre, comme on l’a fait l’année dernière. On est plus demandé, on a davantage d’aides financières aussi pour venir sur les courses, ce n’est pas négligeable.
« FLAVIE S’EST MIS BEAUCOUP DE PRESSION, ET ON LUI EN A MIS AUSSI »
Y a-t-il eu un impact sur le recrutement ?
Je l’avais fait avant d’être à l’UCI. Je ne vise pas que le côté sportif, on a pas mal de demandes et on aurait pu avoir la moitié des filles avec une expérience pro. Mais ça ne m’intéresse pas plus que ça. Je préfère continuer à former, les à-cotés sont aussi importants. Je construis plus comme ça et ça fonctionne pas trop mal pour le moment.
Quel est l’état d’esprit de Flavie Boulais, redescendue des pros après deux saisons délicates…
Elle va très bien. Je pense que ces deux années, ça l’a marquée. Mon but est qu’elle sache que ce qu’elle a pu vivre n’est pas une fatalité. Elle a repris des études donc on l’accompagne. Au niveau de l’équipe, elle n’a pas forcément un statut plus protégé. Ce n’est pas elle la capitaine de route, c’est Sarah Pope. Ça va très bien à tout le monde. Flavie s’est mis beaucoup trop de pression, et on lui en a mis aussi. Ce ne sont pas deux années très bénéfiques, mais je ne travaille pas chez Cofidis, je ne sais pas comment c’est géré. On travaille avec notre façon et on espère que ça va lui convenir.
Il y a également les sœurs Saugrain qui sont réunies…
Kloé, je l’avais prise avec moi au Charente-Maritime il y a deux ans, puis elle est partie chez Lotto. Leeloo m’intéressait depuis l’an dernier, ça s’est fait naturellement. Elle a fait la Mirabelle avec nous, ça lui a permis de voir comment ça se passait. C’est elle qui nous a rejoints la première, puis Kloé n’a pas été conservée donc elle m’a appelée sur le tard et ça a permis aux deux sœurs de se retrouver.
Quant à Océane Goergen qui a déjà gagné, faut-il s’attendre à la voir franchir un cap, notamment avec sa pointe de vitesse ?
Avec Océane, on a déjà fait plusieurs stages. Elle est montée d’un cran, elle est un peu plus pro dans sa tête qu’il y a deux ans. Elle devait prendre confiance, l’équipe lui fait confiance. Je lui ai dit la veille des Plages qu’elle n’avait rien à me prouver. Niveau amateur, c’est la plus rapide. Si on fait les choses bien, il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas. Elle va faire une belle saison.
Quelle est l’ambition de l’année ?
On va essayer de faire aussi bien que l’année dernière. Encore une fois on veut faire les choses bien. La Coupe de France va forcément être un peu le fil rouge. On souhaite que ça fonctionne, qu’on prenne plaisir et passer une belle saison ensemble. Le reste suivra.