Posted On 8 mars 2026
Laurence Ruffin peut-elle garder Hassen Bouzeghoub en l’état sur sa liste ? La question posée par les colistières de la liste « Réconcilier Grenoble » (1) ne restera pas sans réponse. En effet l’élu (PS) sortant d’opposition qui a rejoint la liste des Verts a avoué dans une lettre à ses colistiers avoir été témoin de moralité et même d’avoir témoigné en sa faveur à la barre du tribunal, en faveur d’un homme condamné à de la prison pour violences contre sa compagne.
Place Gre’Net qui a révélé l’information indique que Hassen Bouzeghoub se défend d’abord en prétendant ne pas se rappeler avoir témoigné à la barre en sa faveur en appel et qu’il « n’avait aucune connaissance des faits qui lui étaient reprochés » au moment de son attestation sur l’honneur. Il semble étrange que l’intéressé ne l’ait pas informé de la raison pour laquelle il lui demandait une attestation ! Mais des faits qu’Hassen Bouzeghoub ne pouvait en tout cas pas ignorer en témoignant à la barre du tribunal…

Pour GrenobleMag « la liste des colistiers indésirables mais demeurant sur le bulletin de vote pourrait encore s’allonger à Grenoble.. »
N. BÉRANGER DEMANDE À L. RUFFIN « DE TIRER LES CONSÉQUENCES DE CETTE SITUATION »
À l’occasion de la journée Internationale des droits de la femme du 8 mars, Nathalie Béranger, n° 2 de la liste d’Alain Carignon, elle-même active Présidente de l’Association pluraliste des femmes élues de l’Isère a pris l’initiative de réunir les colistières de la liste « Réconcilier Grenoble ».
Ensemble elles demandent à Laurence Ruffin de « tirer les conséquences de cette situation ». Pour elles « les violences faites aux femmes ne se perpétuent pas seulement par les actes de leurs auteurs. Elles perdurent aussi par les protections, les silences et les soutiens qui entourent trop souvent ceux qui les commettent ».
« UNE IMAGE TROUBLANTE DU DISCOURS ET DES ACTES »
Elles jugent « troublant » que « Madame Ruffin, qui affirme faire de la lutte contre les violences systémiques faites aux femmes un marqueur central de son engagement politique, a placé ce colistier sur sa liste et lui permet de briguer à nouveau des responsabilités publiques. » Ajoutant : « force est de constater qu’entre les discours et les actes, la gauche grenobloise donne aujourd’hui une image particulièrement troublante »

Une partie des colistières de la liste « Réconcilier Grenoble »
L. LHEUREUX A MÊME ÉTÉ ATTAQUÉE SUR SA VIE PRIVÉE
En effet on le sait, une adjointe au Maire, Lucille Lheureux a révélé les violences dont elle était victime pour dégager le terrain en faveur de la candidature de Laurence Ruffin: « des insinuations, des mensonges et des sous-entendus », « se référant notamment à ma vie privée et à d’éventuelles répercussions sur ma famille » a t elle déclaré à la cellule d’écoute des Verts selon Médiapart.
Un élu municipal confirmant au média en ligne ces « pressions violentes, dégueulasses et inutiles ». Ajoutant que le Maire « raconte que des choses compromettantes pourraient sortir sur Lucille Lheureux si elle maintenait sa candidature ». Non seulement Laurence Ruffin a accepté d’être désignée dans ces sordides conditions, mais n’a pas eu mot pour condamner ces autres violences exercées contre une élue femme.
UNE SUSPICION DE FORTE INSINCÉRITÉ DE LAURENCE RUFFIN
Il existe donc bien une suspicion de forte insincérité dans cette lutte contre la violence faites aux femmes. Nathalie Béranger et les colistières de « Réconcilier » organisent donc aujourd’hui dimanche 8 mars à 11 heures au siège de la Factory du Changement, 26 avenue Alsace Lorraine, une rencontre pour rappeler que cette lutte « ne peut tolérer ni complaisance ni arrangements entre amis. »

Tous les adjoints au Maire sortants d’Eric Piolle figurant sur la liste Ruffin n’ignoraient pas non plus le cas Bouzeghoub : la cause des femmes est passée après…
LE SOUTIEN À H. BOUZEGHOUB : UNE PROVOCATION LE 8 MARS
Du fait de cette série, Nathalie Béranger demande à Laurence Ruffin de « suspendre son colistier. » On voit mal comment il pourrait en être autrement. Son soutien à Hassen Bouzeghoub le 8 mars raisonnerait comme une provocation et une trahison à la cause des femmes. Le magazine en ligne GrenobleMag semble avoir anticipé la situation : « la liste des colistiers indésirables mais demeurant sur le bulletin de vote pourrait encore s’allonger à Grenoble ». Rappelant le cas d’Hervé Gerbi (Horizons) « contraint d’écarter une colistière indélicate qui demeurera sur le bulletin de vote de sa liste au premier tour ».
LA DUPLICITÉ DES CANDIDATS S’ÉTALE AU GRAND JOUR
Ce qui frappe dans ces affaires est la duplicité des candidats. On imagine mal que Jean-Claude Colas-Roy, n° 3 de la liste Gerbi qui était informé au premier chef des « indélicatesses » de la colistière n’en n’ait rien dit à son chef de file ? S’il l’avait tenu dans l’ignorance, pourquoi Hervé Gerbi ne se retourne t il pas contre lui ? Alors qu’il demande des comptes à d’autres ? Rien ne se tient.
L. RUFFIN CONNAISSAIT LES FAITS EN CHOISISSANT H. BOUZEGHOUB
S’agissant de Hassen Bouzeghoub, Place Gre’Net confirme que sa candidature faisait débat à ce sujet chez les Verts. En particulier « le recrutement d’un salarié passé par la case prison pour violences à l’encontre de sa compagne ». Laurence Ruffin, toujours Marie Chantal, l’ignorait ? Evidemment non. C’est elle qui a désigné les candidats du PS, leur interdisant d’ailleurs de constituer un groupe.
L. RUFFIN DOIT SE RENIER OU AGIR
Plus on avance plus les tartuffes de la morale à géométrie variable découvrent leur vrai visage. Une formule populaire répète que « ceux qui affichent le plus leur morale sont ceux qui en ont le moins ». Car tous les autres, qui ont une certaine exigence morale pour eux-mêmes, ont l’honnêteté de savoir qu’ils ne sont jamais à sa hauteur. Ils ne la ramènent donc pas.
En attendant Laurence Ruffin doit choisir. Se renier ou agir. Elle n’a que trop attendu.
(1) Nathalie BÉRANGER, Anouchka MICHARD, Émilie CHALAS, Brigitte BOER, Charah BENTALEB, Delphine BENSE, Dominique SPINI, Rdija SAHIRI, Chantal PILLET, Virginie GUIRADO, Laëtitia GOBINET, Amel BOFFARD, Sandra DUNEUFGERMAIN, Judith THERMOZ, Annie BOREL-GARIN, Maya DERBAL, Brigitte BERNARD, Nathalie CORDOVA, Élyane RUAL, Chiara MACQUET, Régine COHEN, Maryam COUROSSE, Chantal BACHELARD, Caroline BLANC, Jocelyne ROUBAUDI, Héléna POILLEVEY DALL OGLIO, Martine MELLIÈRE, Laurence NGUYEN, Emma THEYSSET, Marie-Laure GASCON.