Publié le 08/03/2026 20:59

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Un avion russe a évacué 117 Iraniens de Beyrouth, illustrant les liens étroits Moscou-Téhéran. Pendant que le pétrole russe profite économiquement de la crise en Iran, les États-Unis voient leur attention se détourner de l’Ukraine, offrant à la Russie de nouvelles opportunités stratégiques.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Un avion russe décolle de Beyrouth (Liban) la nuit du 7 au 8 mars. À son bord, 117 Iraniens, dont des diplomates. Cette évacuation discrète illustre les liens étroits entre Moscou et Téhéran, deux alliés de longue date. L’an dernier, les deux pays ont signé un accord prévoyant le partage de renseignements.

Or, des sources américaines accusent la Russie de fournir des images satellites à l’Iran pour l’aider à cibler les positions militaires des États-Unis dans la région. Interrogé sur ce soutien présumé, Donald Trump en minimise l’impact : « Regardez ce qui est arrivé à l’Iran cette semaine. S’ils reçoivent des renseignements, ça ne les aide pas beaucoup. »

Même si la guerre touche un de ses alliés, c’est une aubaine économique pour la Russie grâce au pétrole. Avec le détroit d’Ormuz paralysé, l’Asie se tourne vers le brut russe, jusqu’à présent délaissé et bradé à cause des sanctions occidentales. Dimitri Peskov, porte-parole du Kremlin, s’en félicite : « Nous constatons une augmentation significative de la demande pour les ressources énergétiques russes due à la guerre en Iran. »

La flambée des cours a fait grimper le prix du baril de pétrole russe de 40 % en quelques jours, de quoi aider Moscou à financer son effort de guerre en Ukraine. C’est un autre effet collatéral de la guerre en Iran. La tension internationale s’est déplacée. Cyrille Bret, expert à l’institut Montaigne spécialisé dans les questions de défense et de sécurité, explique : « Depuis que cette crise a commencé, la paix en Ukraine n’est plus la priorité diplomatique des États-Unis dans l’immédiat. Donc, cela ouvre une fenêtre d’opportunité pour la Russie pour prendre des initiatives en étant beaucoup moins sous l’œil des États-Unis. »

Pour intercepter les missiles balistiques russes, l’Ukraine dépend fortement des systèmes de défense américains Patriots. Or, les pays du Golfe ont à présent besoin de ces mêmes batteries pour se protéger des attaques iraniennes. Conséquence : moins d’intercepteurs de missiles disponibles pour Kiev. Ce nouveau conflit pourrait offrir à Moscou une avance stratégique en Ukraine.

Liste non exhaustive.