Contre les nuages sombres, une déferlante violette. Sur les T-Shirts, des foulards, des bonnets, des pancartes, elle était hier partout sur le Vieux-Port, cette couleur devenue le symbole des luttes féministes. Plusieurs milliers de personnes – 20 000 selon les organisateurs, 5 000 selon la police – se sont rassemblées à l’appel de très nombreux syndicats, associations et collectifs pour marquer par une « grève féministe » la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. « Si on s’arrête, tout s’arrête », proclame crânement le collectif Marseille 8 Mars, qui voulait poser cette journée à l’intersection de nombreuses luttes sociales et « en solidarité avec les femmes du monde entier ».

Guerres et discours martiaux, régimes autoritaires et/ou réactionnaires, budgets d’austérité, violences sexistes et sexuelles, montée des extrêmes droites, « nos corps ne sont pas des champs de bataille », ont scandé les femmes – et les hommes – dans près de 150 cortèges à travers la France. « Je suis une femme, et toi, c’est quoi ton super pouvoir ? », interroge sur le Vieux-Port la pancarte d’une toute jeune fille. La sororité, peut-être : sur le trottoir, une femme âgée lui fait, en souriant, le…