Il en a fait, du chemin, Jérémy Ferrari depuis ses premières apparitions à la télévision dans On n’demande qu’à en rire, l’émission de Laurent Ruquier ! Il cartonne en solo avec ses one-man-shows, il réunit les humoristes les plus talentueux de la scène française pour Les Duos Impossibles… et La Tournée du Trio avec ses potes Baptiste Lecaplain et Arnaud Tsamère a battu des records partout où elle est passée. Il a même réalisé « un rêve de gosse » en prenant les commandes du théâtre Fémina de Bordeaux en 2025. Comme rien ne semble pouvoir arrêter Jérémy Ferrari, à tout juste 40 ans, il se lance dans un nouveau défi de taille : réaliser son premier-long-métrage intitulé LES K D’OR.

Pour les besoins de cette comédie, Jérémy Ferrari est à la fois derrière et devant la caméra, puisqu’il joue également le rôle principal. Celui de Noé, dont la mère lui a toujours affirmé qu’il était le fils caché du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, avec qui elle prétend avoir eu une courte aventure alors qu’il séjournait dans un hôtel où elle travaillait. Devenu chasseur de trésors, il met tout en oeuvre pour retrouver l’or de son père qui a été dispersé aux quatre vents après sa mort. Pour traverser la frontière sans éveiller les soupçons, il décide de prendre part au Marathon des sables en compagnie de Zoulika, tout juste sortie d’un centre de réinsertion civique, et de Ryan, un coureur malvoyant.

Qui sont les partenaires de Jérémy Ferrari dans le film LES K D’OR ?

S’il s’est donc donné le rôle principal de son premier film en tant que réalisateur, Jérémy Ferrari a su très bien s’entourer. Il a notamment fait appel à Laura Felpin pour jouer Zoulika. Un choix qui ne doit rien au hasard, puisqu’il a écrit ce rôle en s’inspirant d’un personnage que la comédienne a déjà incarné sur scène, notamment dans son spectacle Ça passe, et sur Instagram. Et pour le rôle de Ryan, il a opté pour Éric Judor. « Ça m’a paru évident. C’est un mec que j’adore, sur scène comme au cinéma, un grand nom de l’humour », explique Jérémy Ferrari dans le dossier de presse. C’est d’ailleurs l’une des réussites du film. Le personnage de Ryan est drôlissime et il doit beaucoup au pouvoir comique irrésistible d’Éric Judor. Plus globalement, ce trio rocambolesque constitué de trois paumés qui n’avaient a priori aucune raison de se rencontrer, mais qui finissent par faire cause commune, fonctionne à merveille et les punchlines qu’ils se balancent les uns aux autres sont hilarantes. Et n’oublions pas un quatrième larron improbable : un corniaud à trois pattes que les trois escrocs font passer ni vu ni connu pour un chien guide d’aveugle. Cet adorable toutou est au coeur de certaines scènes très drôles, mais aussi de moments de mignonnerie aussi inattendus qu’attendrissants.

S’il faut saluer l’ambition de Jérémy Ferrari d’avoir voulu mettre en scène une comédie d’aventures comme on en voit encore trop peu en France, LES K D’OR n’est toutefois pas exempt de défauts. Ainsi, s’il s’en sort plutôt bien en tant que réalisateur, il est moins convaincant dans son premier grand rôle au cinéma que lorsqu’il est dans son élément, à savoir la scène. Par ailleurs, s’il réussit très bien ses scènes de baston et les joutes verbales, il se perd un peu dans les méandres de l’intrigue, et perd au passage le spectateur. Au final, Jérémy Ferrari ne parvient pas vraiment à finir son film et c’est bien dommage car si l’on rit beaucoup, on aurait aussi aimer être conquis par l’histoire qu’il veut nous raconter.