
Biathlon : Emilien Jacquelin « frustré » du comportement de Fabien Claude et Eric Perrot
Arrivé en tête de la mass-start de Kontiolahti (Finlande) après le troisième tir, Emilien Jacquelin a manqué deux balles et est ressorti 10e de l’anneau de pénalité à 43 secondes de la tête. Le Français a finalement terminé 9e de la course, dimanche 8 mars.
Emilien Jacquelin (FRA) – Yevenko/NordicFocus
Au moment de s’exprimer sur sa performance sur La Chaîne L’Équipe, le quadruple médaillé olympique est revenu sur un moment précis ayant fait basculer sa course : « Je suis frustré du déroulé du troisième tour. J’étais devant, je regardais ce qu’il se passait derrière et ça m’a frustré. Je suis sorti de mon troisième tir. Je pensais que les collègues allaient laisser travailler les autres. Ce n’est pas ce qu’il s’est passé et c’est une erreur de ma part de l’avoir imaginé. Tant pis. »
« Nous ne sommes pas équipiers sur des courses individuelles », pointe Fabien Claude
Sans les nommer, le biathlète de Villars-de-Lans a directement pointé Eric Perrot et Fabien Claude : « Ce n’est pas les étrangers qui roulaient. » Le dernier cité a ainsi pris un relais en milieu de boucle, à l’issue d’une descente, quand Eric Perrot a fait l’effort dans la dernière grosse ascension avant le retour sur le stade.
« Quand Emil’ est parti en milieu de course, nous ressortons 2e et 3e avec Eric, avec un petit gap sur les Norvégiens. Nous étions obligés d’y aller, a spontanément commenté Fabien Claude, également sur La Chaîne L’Équipe. Malheureusement, ce n’est pas une course d’équipe. Même si nous évitons d’emmener un groupe, nous essayons de faire notre course. Ça s’est surtout bien relayé, les Norvégiens sont passés aussi. »
Fabien Claude (FRA) – Yevenko/NordicFocus
Grand amateur de cyclisme, ayant prévu de participer à des courses régionales à l’intersaison après avoir porté la boucle d’oreille de Marco Pantani lors des JO, Emilien Jacquelin assume de voir son sport différemment de ses adversaires. Il prend plus de risques qu’eux, en piste et au tir, en faisant preuve d’un panache revendiqué.
Mais le parallèle ne s’applique pas toujours à écouter Fabien Claude : « Emilien est trop en mode vélo. Nous n’en faisons malheureusement pas. Nous ne sommes pas équipiers. Nous le sommes sur les relais, avec une bonne entente. Mais sur les courses individuelles, nous avons tous envie d’aller chercher un podium ou une victoire. C’est la course, et je lui ai expliqué. »
« Nous ne sommes pas une équipe de vélo », soutient Simon Fourcade
Ce positionnement a été soutenu par Simon Fourcade, entraîneur de l’équipe de France masculine, vite venu éteindre l’incendie. « Nous ne sommes pas une équipe de vélo. La stratégie est différente. Bien qu’il y ait le terme équipe de France sur la combinaison, chacun joue sa carte sur les courses individuelles », a-t-il souligné sur La Chaîne L’Équipe.
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Avant de défendre ses ouailles pointées du doigt : « Quand il sort du stade, Eric ne skie pas sur Emilien. Il est en tête de groupe mais fait même exprès de prendre une bouteille pour ralentir les Norvégiens. Fabien a pris l’initiative après la descente ; il aurait pu faire un autre choix. Chacun a la liberté de ce qu’il veut faire et d’opter pour ce qu’il considère comme la meilleure stratégie. Celle-ci est sérieusement remise en cause à chaque passage sur le pas de tir. Ce n’est pas à cause du retour de Fab’ qu’il perd la tête de course. Peut-être que la frustration ne lui a pas permis d’être focus sur son tir. Je regrette que l’ait tellement sorti de la course. Avec les jambes qu’il avait et le « pétard » mis dans le dernier tour, il avait la possibilité de faire de très belles choses aujourd’hui. »
Eric Perrot (FRA) – Yevenko/NordicFocus
Le staff français souhaitait un apaisement rapide après ces déclarations inhabituelles dans un groupe connu pour la solidité de ses liens. « J’espère que ça ne mettra pas trop de pression, que le brunch de demain matin permettra de la faire redescendre », insistait Simon Fourcade, en soulignant l’épuisement après la 31e course de la saison (la 25e d’Emilien Jacquelin) : « Le petit coup de sang du jour est peut-être lié à la fatigue ambiante de la fin de saison. »
L’intéressé n’a pas développé au-delà sa pensée auprès des médias français, tandis qu’Eric Perrot n’a pas été interrogé sur le sujet.
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