Ils ont bondi de joie à l’annonce des premières estimations. D’après les dernières estimations, les Verts allemands ont devancé ce dimanche les conservateurs de Friedrich Merz lors d’une élection régionale clé dans le Land du Bade-Wurtemberg. Selon la première chaîne de télévision allemande ARD, les écologistes sont crédités de 30,3 % des voix, contre 29,7 % pour les chrétiens-démocrates de la CDU. « Ce résultat nous donne un véritable élan », a déclaré le coprésident des écologistes Felix Banaszak. « Il faut compter avec les Verts dans ce pays. »

Le parti d’extrême droite AfD (Alternative pour l’Allemagne) double son score par rapport à 2021, avec 18,7 % des suffrages, tandis que les sociaux-démocrates enregistrent un résultat catastrophique avec 5,5 % des voix, tout juste au-dessus de la barre fatidique des 5 %. Le parti libéral (FDP) et la gauche radicale (Die Linke) sont en dessous (4,4%) et ne seront pas représentés au parlement régional. C’est donc une coalition réunissant écologistes et conservateurs, qui restera au pouvoir dans le Land du Bade-Wurtemberg.

Un manque d’expérience

Pour le chancelier Friedrich Merz, ce résultat constitue un mauvais signal alors que l’Allemagne entame le premier des cinq scrutins régionaux de l’année 2026. Les conservateurs disposaient de neuf points d’avance sur les Verts en octobre et de six à sept points mi-février, avant que le manque d’expérience de leur candidat, Manuel Hagel, ne finisse par peser sur les intentions de vote. 

Fin février, la campagne du dirigeant de 37 ans a également été perturbée par la rediffusion de propos déplacés au sujet d’adolescentes, après une visite scolaire en 2018. Manuel Hagel a déclaré assumer l’entière responsabilité du résultat des conservateurs.

En face, l’ancien ministre de l’Agriculture Cem Ozdemir est apparu comme plus expérimenté et rassurant. Membre de l’aile « réalo » du parti, cet Allemand d’origine turque a pris soin de se distancier de l’aile gauche des Verts, réclamant « plus de flexibilité » sur la fin du moteur thermique et jugeant les idées de son parti « pas forcément toujours justes ». Un point clé dans une région où l’automobile est extrêmement importante avec des groupes comme Bosch, Mercedes et Porsche. Âgé de 60 ans, Cem Ozdemir va succéder à son collègue Winfried Kretschmann, aux commandes du Land depuis 15 ans.

Des partis au coude-à-coude

Tous les regards se tournent désormais vers le scrutin du 22 mars. Après avoir rêvé d’un doublé, les conservateurs de Friedrich Merz vont tenter de s’imposer face aux sociaux-démocrates dans un autre Land de l’Ouest, en Rhénanie-Palatinat, où les deux formations sont au coude-à-coude à 28 % et 27 % des intentions de vote. S’ils échouent, la pression va nettement augmenter sur le chancelier allemand, alors que l’AfD caracole dans les sondages dans deux régions de l’Est, où se tiendront des scrutins en septembre (Saxe-Anhalt et Mecklembourg-Poméranie-occidentale).

Dans le même temps, le résultat catastrophique des sociaux-démocrates dans le Bade-Wurtemberg pourrait inciter le parti à défendre plus durement que jamais ses positions au sein de la coalition. Des réformes structurelles sont attendues sur le dossier hautement sensible des retraites dans les mois à venir.