La Vespa, une passion depuis des décennies...La Vespa, une passion depuis des décennies… / Photo Lucie Amalric (La Provence)

75 ans aujourd’hui que les membres successifs de l’association Vespa Club Marseille Provence qui fêtait au mois de janvier son anniversaire, (l’association a vu le jour en 1951, NDLR), n’en piquent que pour elle. À chacun son histoire, à chacun ses souvenirs. Aux manettes de sa Vespa (guêpe en italien) datant des années 1960, le vice-président de l’association, Christian Thuillier, évoque son tout premier amour de jeunesse : « J’habitais en ce temps-là à Lyon. J’ai acheté ce petit deux-roues qui avait l’image de l’insouciance, de la joie de vivre, avec ma première paie. » Les premiers pas vers la liberté pour le garçon de l’époque qui décide d’entreprendre « un voyage initiatique » dans le sud de la France. Direction : Le Lavandou dans le Var. Le périple d’un peu plus de 400 kilomètres est jalonné d’étapes.

La mer, le soleil et l’amour… Il fait la connaissance au bout de la route de Nicole qu’il séduit avec son petit engin. Entre les deux jeunes gens, « le coup de foudre » est immédiat : « C’est grâce à la Vespa tout ça ! », s’amuse Christian. Les années ont bien sûr passé. Mais on se dit que la jolie romance entre Christian et Nicole, tout comme le Vespa qui fête cette année ses 80 printemps, n’a rien perdu de sa fougue ni de sa superbe.

C’est sur cette Vespa que Christian Thuillier, vice-président de l’association Vespa Club Marseille Provence a séduit sa femme Nicole au début des années 1960 au Lavandou dans le Var.C’est sur cette Vespa que Christian Thuillier, vice-président de l’association Vespa Club Marseille Provence a séduit sa femme Nicole au début des années 1960 au Lavandou dans le Var. /Photo Lucie Amalric

À voir la Vespa toujours aussi rutilante, fièrement perchée sur ses petites roues, le moteur ronronnant presque comme au premier jour, le scooter vintage par excellence semble défier le temps. « Quand vous le voyez comme ça, vous vous dites, ça n’est pas possible, elle n’a pas pris une ride ! Un peu comme moi », s’exclame le fringant retraité.

Objet de culte

Des modèles historiques aux plus récents en passant par les prototypes, Christian est intarissable sur le sujet : « La Vespa, finalement, c’est un tout : le style, la ligne, la simplicité, la solidité. L’assemblage est fait à la main. Son design est resté presque identique depuis sa naissance en 1946, juste après la guerre, dans les usines Piaggio. Il est aussi unique grâce à son côté rétro, son moteur et sa boîte de vitesses d’un seul tenant, les vitesses au guidon et pas aux pieds, et sa transmission directe sans courroie. »

Dans les années 1950, la Vespa, « simple et économique », est extrêmement populaire : « On en faisait l’acquisition parce qu’on n’avait pas forcément les moyens d’acheter une voiture. Tout le monde pouvait enfourcher l’engin. Et de surcroît, les femmes qui portaient bien souvent la jupe et la robe. Le modèle leur était parfaitement adapté », rembobine Max Morganti, aussi membre de l’association.

Devenu véritable objet de culte, la Vespa fait tellement fureur, qu’elle se retrouve en 1952 malgré elle, à l’affiche du film américain en noir et blanc Vacances Romaines de William Wyler avec Audrey Hepburn et Grégory Peck.

La Vespa, poursuit Max, « représente l’Italie, au même titre que la pizza, les pâtes, les gondoles à Venise et la Tour de Pise. Ça a permis de démocratiser les deux-roues et fait encore rêver les gens du monde entier. C’est la Dolce Vita tout simplement ».

Plus près de nous, à Marseille, elle « tape dans l’œil », relate Max, de Jean Cabello, chef d’entreprise, alors propriétaire de la concession Ford et l’un des premiers importateurs de Vespas en France. Les ventes explosent : plus de 14 000 vespas se vendent rien qu’en 1960.

Comme l’explique Christian, « son ascension a été telle, que plus dure ensuite fut la chute. Dans les années 1980, le Vespa connaît un gros passage à vide, avant de regagner en popularité ». Durant cette période, l’association Vespa Club Marseille Provence est, elle aussi, en perte de vitesse. Elle totalise depuis une cinquantaine de membres au compteur. Pas une semaine sans enchaîner les balades, les activités. « Tant qu’on est en vie, on roule ! », boucle Christian.