Les élections municipales, c’est dans moins d’une semaine (1er tour ce 15 mars). Après avoir suivi les négociations entre partis et les déclarations de candidature à Saint-Etienne et Saint-Chamond, notre rédaction se penche aussi sur les forces en présence dans plusieurs communes du sud Loire, sélectionnées à partir d’un seuil de leur nombre d’habitants. Nous revenons enfin, en détails, sur la composition et le programme des différentes listes stéphanoises et couramiaudes.

Les parutions suivent la logique chronologique des entretiens obtenus avec les têtes de liste, les candidatures ayant été sollicitées en même temps. 1er volet couramiaud donc consacré à la liste d’union de gauche, Saint-Chamond verte et solidaire, menée par l’écologiste Jean Minnaert.

Photo transmis par « Saint-Chamond verte et solidaire »

Sans concurrence ou presque. Actée très tôt et avec davantage de sérénité qu’à Saint-Etienne, il manque aussi LFI à une union complète de la gauche aux Municipales de Saint-Chamond, incarnée ici par EELV, le PS, le PC, Place Publique. Consigne nationale malgré une tête de liste – Jean Minnaert – écologiste ? « Non, ce n’est pas pour cela », nous assurait cet automne Delphine Goyet, coordinatrice dans le Gier des Insoumis, partis pour être de cette union à l’origine. Pas de nouvelle depuis, nous indique « Saint-Chamond verte et solidaire », si ce n’est un soutien officieux en l’absence d’une liste parmi les choix que les Couramiauds auront à faire dimanche.

Il y a 6 ans, quatre listes de gauche et d’extrême gauche (LO) se « concurrençaient » cumulant 28,06 % des suffrages. Le maire sortant Hervé Reynaud avait plié l’élection au 1er tour avec 58,9 %. 6 ans plus tard, le paysage diffère radicalement : probable que l’abstention record de 2020 – 31 % de votants – au regard des tensions qui électrisent le pays ne soit pas la même. Surtout, la Droite s’est coupée en deux, l’Extrême droite est ici présente comme jamais elle ne l’a été et, à l’autre bout de l’échiquier, seule LO (1,76 % en 2020) se porte sur le flanc gauche de « Saint-Chamond verte et solidaire ». Seule ou presque : ce n’était pas le cas en 2020 donc mais aussi en 2008 et 2014.  

Liste et tête de liste

Le conseiller d’opposition municipal d’opposition écologiste (mandats 2001 /08 ; 2014 /20 et 2020 /2026) Jean Minnaert, cadre éducatif, 61 ans, « militant depuis les années 1980 », conduira cette liste d’union au sous-titre/slogan « Pour une ville apaisée et vivante. « Cela aurait pu être quelqu’un d’autre », souligne-t-il, arguant d’une union sereine, issue d’oppositions de gauche en phase depuis 6 ans « sur tous les sujets ». Sur 39 noms, + 2 suppléants, présentant 47 ans d’âge moyen sans ces derniers, moins d’une moitié d’encartés. Nathalie Champalle (PS) est 2e et Julien Giraudo (PC, directeur de cabinet du maire de Rive-de-Gier), 3e. Patricia Simonin, (EELV et tête de liste écologiste en 2020) 4e, Maxime Perimony (PS) 5e, Catherine Bony, 6e (EELV), Jules Vernay, étudiant de 19 ans est 7e.

Jean Minnaert s’il devient maire sera conseiller communautaire mais ne briguera pas de vice-présidence à SEM, idée de « ne pas cumuler » oblige. Photo transmis par « Saint-Chamond verte et solidaire »

Suivent Catherine Martins (8e) ; Laurent Chataignon (9e, EELV,) ; Soumicha Laroussi Rouibate, (10e SE mais « placée » par le PC) ; Abdelkrim Oussara, 11e ; Myriam Fané, 12e. Figure de l’opposition depuis 12 ans, Christiane Marquet Massardier (groupe Saint-Chamond pour tous) soutient mais sans se (re) lancer. « Une liste intergénérationnelle avec 8 personnes ayant l’expérience de gestion des politiques publiques, représentant presque tous les quartiers, commente J. Minnaert. Aux professions variées, privées ou public, sans vrai « patron », oui même si nous avons des employeurs, un pharmacien en particulier. »

Voici des éléments programmatiques.

Sans fournir une évaluation financière (fonctionnement / investissement), « Saint-Chamond verte et solidaire » estime que la Ville peut s’économiser des dépenses jugées inutiles : comme J.-L. Degraix, la rénovation de l’Hôtel Dieu est considérée comme beaucoup trop chère (« il faut stopper l’intérieur »). Economies à faire dans une moindre mesure dans la « com » ou encore via une réorganisation interne des services. « Derrière, il y a de la marge pour s’endetter et la transition écologique aboutit à des gains en fonctionnement. »

Sécurité & prévention

« Nous n’augmenterons pas, pas plus que nous reviendrons sur les caméras de surveillance (230, réseau considérablement étendu depuis 2014, Ndlr). Idem sur l’équipement de la Police municipale ainsi que ses effectifs (35). » En ce qui concerne l’état d’esprit en revanche… « Les moyens sont largement mis alors que pendant ce temps les centres sociaux ont perdu et perdent encore des moyens malgré leur rôle à ce sujet. Être ferme n’est pas incompatible avec la fin d’une vision de droite soupçonnant à l’avance : un système « réac » et stérile en résultats. Le rôle municipal sur cela passe d’abord par les relations humaines. »

Du classique : c’est une mission de « proximité », que la Police municipale doit porter en priorité aux yeux de la liste de gauche. Plus de présence à pied, à vélo, de dialogue, y compris, en amont, hors « forfaits » commis. « Nous y croyons : il faut faire donner aux jeunes un sentiment d’appartenance commun, c’est une question de confiance les uns envers les autres. » Le nombre de médiateurs embauchés passera ainsi de 5 à 12 (avec une coordination renforcée avec la PM), une facilité d’accès à la prévention du Département contre les violences intrafamiliales.

Sécurité environnementale

Pour la liste, les conséquences du changement climatique, qui exposent de manière inégale, jouent sur la sécurité globale. La sécurité environnementale mérite largement son chapitre en soi. Plus de mesures de la qualité de l’air, de transparence sur ce qui est subi, d’exposition aux dangers pour une prise de conscience. Déploiement d’un plan canicule véritablement ambitieux – ce qui passe par un urbanisme verdi (voire plus bas) – et enfin, d’une réserve citoyenne dédiée pour contribuer de manière très locale, active, à une mobilisation civique en cas « d’événements exceptionnels ».  

Santé  

C’est un nouveau service municipal que veut créer la liste : « un bus médical itinérant » pour rendre les professionnels plus accessibles. Compenser les pertes chez ces derniers passerait par « une offre de logements spécifique avec services », accordée en particulier aux étudiants en médecines, aux internes prêts à opter pour Saint-Chamond. Pour tous les pros, aide à l’installation en échange d’engagement d’exercice sur 5 ans.

Urbanisme

Dans une logique globale qui veut utiliser l’existant, plutôt que construire (« bétonner »), la liste souhaite étudier une réapparition du Gier, « notamment au cœur du parc de Novaciéries », sans surprises multiplier les ilots de fraîcheurs, la végétalisation, la présence de l’eau, la plantation d’arbres, abattues de manière trop systématique, estime Saint-Chamond verte et solidaire, sous le prétexte abusif de la nécessité de la problématique des maladies, non niées mais pas soignées dans la dentelle selon elle.  

La liste annonce vouloir une cité qui accorde, par son mobilier, ses « places de village » dans chaque quartier, une invitation à davantage flâner et se lier. Sur le long terme, elle aimerait un accès aux services essentiels à moins de 15 min à pied en zone urbaine. L’éclairage public sera réduit et adapté pour le « bien être de la faune » et du portefeuille des humains. A ses yeux enfin, l’utilisation de l’espace Notre Dame reste trop vague : il a besoin « d’un véritable projet ».  

Côté habitat, la plupart des propositions, déjà revendiquées par les majorités en place – faire mieux, en somme, en amplifiant la rénovation énergétique, en travaillant plus finement avec les associations et locataires d’HLM, voire établir un meilleur accès à l’eau potable des hameaux – passera par la Métropole vers laquelle Saint-Chamond doit « flécher » 9 élus (il s’agira de 7 premiers de la liste cités plus haut + des 10e et 11e).  

Mobilités

Saint-Chamond verte et solidaire insiste sur ce sujet, clamant une rupture complète avec les mandats précédents via une réelle intention suivi des moyens d’atteindre l’objectif global : parvenir à parcourir cette ville à pied et à vélo de manière continue et sécurisée. « Il faudra plus de 6 ans pour y parvenir, avertit Jean Minnaert, puisque l’on partira de très loin pour mettre fin à l’obsession de ne pas déranger la circulation automobile. Moins de voitures fait toujours peur aux commerçants dans un premier temps avant qu’ils ne constatent les bienfaits ne serait-ce que pour leurs activités ensuite. »

Là aussi, il faudra passer par Métropole pour revoir en profondeur le « plan vélo « mais des aménagements piétons relèvent de la Ville comme l’idée aussi de « service municipal de navettes à vélo et électriques publics pour petits déplacements ». Dès ce mandat, elle souhaite rendre piéton l’hypercentre les jours de marché et installer des panneaux indicateurs de temps de déplacements piétons afin de révéler leur évidence.

Ecoles

Objectifs : une Atsem par classe ; mise en place d’une tarification sociale (basée sur le Quotient Familial ; mesure valable d’ailleurs pour tous les services municipaux) pour la cantine scolaire recourant davantage aux circuits courts et bio avec l’ambition que cela bénéficie à l’agriculture locale ; distribuer un « kit de rentrée scolaire qui comprend les fournitures de base à tous les écoliers ».

Sport et Jeunesse

Côté sport, Saint-Chamond verte et solidaire veut engager des animateurs sportifs, élargir les ouvertures de la piscine Roger-Couderc, engager la couverture des terrains de padel, définir des critères plus justes et transparents pour les subventions, développer un sport inclusif, par exemple « qui n’exclue pas de la pratique ceux qui sont estimés en dessous du niveau réclamé à partir d’un certain âge ». Ou encore par une politique bonifiant les subventions pour les initiatives en faveur du handicap, de la féminisation.

Opposée au projet du SCABB dans la zone Bujarret, la liste insiste sans surprises sur ce point en souhaitant que Saint-Chamond profite de manière amplifiée d’un potentiel qu’elle considère comme sous utilisée pour un lieu « populaire » à « vocation sociale ». « Il faut faire passer sa connaissance et sa fréquentation gratuite de quelques dizaines d’enfants à des centaines, l’ouvrir aux écoles ».

Economie locale

Là aussi, c’est d’abord SEM qui a la main. A ce sujet, la liste ne veut pas de Stelytec II, mais aura la maîtrise seule d’une « maison de l’artisanat » à créer pour « promouvoir le savoir-faire local et la réutilisation des objets », le lancement d’un accompagnement juridique et administratif de premier niveau pour les entreprises, ainsi que leur demande vers la transition écologique.

La diversification de l’offre commerciale passe, en particulier, par une « intensification du droit de préemption » et une offre loisirs manquante en centre-ville. Elle souhaite lancer des appels d’offre, davantage décortiquées, qui permettent ainsi aux petites et moyennes entreprises et structures agricoles de répondre.

Vie associative, culture, démocratie locale revue, agriculture, animaux en ville… Nous ne pouvons être exhaustifs en détaillant chaque élément programmatique transmis et/ou discuté.