Un éducateur du club isérois de Villette-d’Anthon a été blessé après avoir reçu des coups lors d’un match à Sathonay-Camp, qui a dû être interrompu en raison de violences envers les visiteurs.

Des insultes, des jets de pierre et un match de foot qui tourne finalement au pugilat. La rencontre de football amateur de catégorie jeune U17 (moins de 17 ans) opposant le club de Sathonay-Camp (Rhône) à celui de Villette-d’Anthon (Isère) a dû être arrêtée samedi 7 mars en raison de violences aux abords et sur le terrain, selon une information du Progrès  confirmée au Figaro par les différentes parties prenantes. Visés par des coups, deux visiteurs ont été blessés. Les locaux, eux, ont reçu trois cartons rouges. Le district du Lyon-Rhône nous indique avoir décidé de geler les rencontres et annonce des sanctions à venir.

Après une première mi-temps marquée par des insultes en tribune, la tension monte d’un cran à l’heure de jeu en ce samedi après-midi. Un arbitre de touche bénévole du club de Villette est visé par des jets de cailloux depuis les gradins. L’arbitre de champ, délégué officiel du district, prend alors la décision logique d’arrêter le match, ce qui met le feu aux poudres. Les joueurs de l’équipe visiteuse ont été «poursuivis par des spectateurs jusque dans les vestiaires», explique une source au sein du club isérois.


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«Nous avons des comportements problématiques de spectateurs, de manière générale, jusqu’en U5 ou U7 avec des parents en bord de touche», déplore Arsène Meyer, président du district Lyon-Rhône auprès du Figaro. Il dénombre pourtant un nombre de dossiers disciplinaires stable depuis deux saisons, après la hausse de 2023-2024. «On est revenu à une centaine de cas sur 13.000 matchs par saison», insiste-t-il.

«Quelques voyous en tribune»

Parmi ces dossiers, Sathonay-Camp ne fait pas partie des mauvais élèves, même si le nom du club est revenu plusieurs fois aux oreilles du district ces dernières semaines. Avec des rencontres problématiques en U15 et U20 récemment. «Nous avons quatre à cinq club sous contrôle et ils n’en font pas partie, le président est très bien mais ils doivent faire quelque chose pour que ces quelques voyous en tribune déguerpissent», gronde Arsène Meyer. Une procédure disciplinaire va être lancée et des sanctions seront prises à l’issue.

Côté visiteurs, un éducateur a été blessé à la suite des coups reçus. Une incapacité totale de travail (ITT) de trois jours lui a été prescrite. Il a annoncé son intention de porter plainte. S’il ne l’avait pas encore fait ce lundi, une enquête a néanmoins été ouverte par la brigade de Fontaines-sur-Saône, territorialement compétente, précise au Figaro la région de gendarmerie, justement installée à Sathonay-Camp. Un joueur a également été blessé, les autres ont été marqués par l’épisode. «Ce sont des enfants de 16 ans, ils sont choqués, ces comportements ne sont pas normaux dans le foot et dans la société», observe une source au sein du club isérois.

Contacté par Le Figaro, le président du club de Sathonay-Camp, absent ce week-end, s’interroge sur la réalité de ces blessures. Il réunira son bureau ce lundi soir et sera convoqué au district dans la foulée. Ces blessures auraient pourtant pu être évitées. La feuille de route de la fédération en cas d’arrêt des matchs prévoit en effet de raccompagner les visiteurs aux vestiaires pendant que les locaux attendent dans le rond central. Cela n’a pas été le cas samedi.