Par Yvan
Jourdan –
Publié le 09 Mar 2026 à
17:32
Cancer du sein : une étude
mondiale révèle que ces habitudes du quotidien expliquent 28 % des
cas. Voici ce que disent les chercheurs.
Le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquent chez les
femmes dans le monde. En 2023, environ 2,3 millions de nouveaux cas
ont été diagnostiqués et près de 670 000 décès ont été enregistrés.
Derrière ces chiffres déjà préoccupants, les chercheurs
s’intéressent de plus en plus au rôle du mode de vie dans
l’apparition de la maladie. Une vaste analyse internationale
suggère en effet qu’une part importante de ces cancers pourrait
être liée à certains comportements modifiables. Selon les
chercheurs, près de 28 % des années de vie en bonne santé perdues à
cause du cancer du sein seraient associées à six facteurs du
quotidien. Autrement dit, une femme sur quatre touchée par la
maladie pourrait théoriquement éviter le cancer ou en réduire la
gravité en modifiant certaines habitudes.
Une
étude mondiale met en lumière le poids du mode de vie
Pour mieux comprendre ce phénomène, des chercheurs ont analysé
les données de 204 pays entre 1990 et 2023. Leur travail, publié
dans la revue scientifique The Lancet Oncology, s’appuie
sur la mesure appelée « années de vie ajustées sur
l’incapacité », qui combine les années perdues à cause d’un
décès prématuré et celles vécues avec les conséquences de la
maladie. En 2023, le cancer du sein,
dont est atteinte Julie Ross, a représenté 24,3 millions de ces
années perdues dans le monde. Parmi elles, 6,8 millions seraient
directement liées à six comportements modifiables du quotidien.
L’étude menée par l’Institute for Health Metrics and Evaluation
de l’université de Washington montre ainsi que ces facteurs
expliquent à eux seuls près de 28 % du fardeau mondial de la
maladie, comme le rapporte le média Science et
Vie. Toutefois, l’impact du mode de vie varie fortement
selon les régions du monde. Dans les pays à revenu élevé d’Amérique
du Nord et d’Europe occidentale, ces comportements représentent
environ 32 % des années de vie perdues, contre 24 % en Asie du
Sud.
Viande rouge, tabac et glycémie élevée parmi les principaux
facteurs
L’analyse établit également une hiérarchie claire entre les
différents facteurs de risque. En tête, la consommation excessive
de viande rouge représente à elle seule 11 % du fardeau sanitaire
attribuable au cancer du sein. Viennent ensuite le tabagisme,
responsable de 10 % du total, puis une glycémie élevée qui atteint
9 %. D’autres habitudes complètent ce classement. Un indice de
masse corporelle élevé représente 7 % du fardeau mondial, tandis
que la consommation d’alcool atteint 5 % et l’inactivité physique 4
%.
Ces éléments agissent souvent ensemble et peuvent créer un
environnement hormonal et métabolique favorable au développement de
cellules cancéreuses, précise le magazine Top Santé. Les
chercheurs observent également une évolution préoccupante chez les
jeunes femmes. Entre 1990 et 2023, le taux d’incidence du
cancer du sein a augmenté d’environ 0,5 % par an chez les
femmes de moins de 30 ans.
Des
cas appelés à augmenter dans les prochaines décennies
Les projections montrent que le fardeau mondial du cancer du
sein pourrait encore s’alourdir dans les prochaines décennies. Les
chercheurs estiment que le nombre de cas annuels pourrait atteindre
3,5 millions d’ici 2050, soit une hausse d’environ 52 % par rapport
à 2023.
Dans le même temps, le nombre de décès pourrait passer de 670
000 à près de 966 000 par an. Certaines régions restent
particulièrement vulnérables, notamment l’Afrique subsaharienne où
la mortalité atteint environ 28 décès pour 100 000 femmes, soit
plus du double de la moyenne mondiale. Ces données rappellent
l’importance de la prévention et du dépistage précoce pour limiter
l’impact de la maladie à l’échelle mondiale.