Créée en 2013 par Vincent Palacio, batteur et passionné de musique, Phocea Rocks naît dans le sillage de Marseille-Provence, capitale européenne de la culture. Son ambition ? Montrer la richesse et la diversité de la scène rock locale. “L’idée, c’était vraiment de mettre en lumière les groupes d’ici, dans un esprit très convivial”, rappelle Emma, bénévole de l’association. Le projet trouve rapidement son public avec la Rue du Rock, festival de quartier organisé rue Consolat, qui transforme pendant plusieurs années les trottoirs en scènes à ciel ouvert, dans une ambiance de kermesse musicale, le temps d’une journée. 

Un esprit familial et intergénérationnel 

Si le festival s’arrête en 2019, contraint par des questions de sécurité puis par la crise sanitaire, l’association ne disparaît pas pour autant. Elle se réinvente avec la Plaine du Rock, événement gratuit organisé sur la place Jean Jaurès, en partenariat avec le bar l’Intermédiaire. Un rendez-vous dominical qui attire un public large. “Le fait que ce soit gratuit permet aux familles de venir avec les enfants, mais aussi aux gens du quartier de tomber par hasard sur un événement festif”, souligne Emma. 

La programmation reflète cette volonté de mélange : uniquement des groupes locaux, aux styles variés, et une attention particulière portée au renouvellement. “On essaie de ne jamais reprogrammer les mêmes groupes, et de représenter toutes les familles du rock”, explique la bénévole. Les jeunes musiciens côtoient ainsi des formations plus aguerries, devant un public où se croisent étudiants, familles et retraités. 

Des bars aux grandes scènes, un même engagement 

Phocea Rocks n’hésite pas non plus à s’associer aux lieux fréquentés par la jeunesse marseillaise. Le partenariat avec l’Intermédiaire, bar incontournable de la scène rock locale, illustre cette démarche. “C’est un vrai pont entre générations, entre bénévoles plutôt quadras et un public plus jeune”, observe Emma. En janvier dernier, l’association a également collaboré avec la Plateforme, aux anciens Docks des Suds, pour La Plateforme du Rock, une soirée dédiée à la scène locale réunissant plus de 1 400 personnes. 

À l’horizon 2026, la troisième édition de la Plaine du Rock se profile déjà, tout comme un nouveau partenariat avec l’Alcazar, qui constituera un fonds de vinyles et de productions des groupes programmés. Une manière supplémentaire de transmettre et de rassembler. “On tient beaucoup à cet esprit éclectique et rassembleur, ce côté famille. C’est ça, Phocea Rocks”, conclut Emma. 

Idée lecture 

Avec deux tomes dédiés à l’histoire du rock Marseilais, Robert Rossi et Pascal Escobar proposent une plongée passionnante et documentée, des années 60 à 2019. Du rock des Quartiers Nord aux premières influences psyché, punk ou new wave, jusqu’aux groupes emblématiques des décennies récentes, ils retracent une scène foisonnante souvent méconnue. Fruits d’un important travail de mémoire mené par des acteurs engagés de cette histoire, ces ouvrages donnent la parole aux groupes, aux lieux et aux collectifs qui ont fait vibrer Marseille bien avant, et bien au-delà, de son image de ville rap.  

Histoire du rock à Marseille 1960-1980, Robert Rossi, éditions Le mot et le reste. 

Histoire du rock à Marseille 1980-2019, Pascal Escobar, éditions Le mot et le reste.