Par

Antoine Blanchet

Publié le

9 mars 2026 à 18h32

« Il faut baisser la lumière car ça lui fait mal aux yeux », demande l’avocat. Dans son box de verre, Pascal H. n’est pas très bien. Une personne du public s’approche et lui tend une casquette. L’homme de 62 ans réplique en langue des signes. Derrière son physique diminué, sa surdité et son handicap visuel, Pascal H. cache pourtant les instincts d’un terrifiant prédateur. Ce lundi 9 mars 2026, il comparaît devant la cour criminelle de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour de multiples viols et agressions sexuelles commis sur des enfants de la communauté juive de Bagnolet.

« Dieu m’a dit stop »

Les faits sont nombreux et glaçants. Tout commence en décembre 2022 lorsqu’une adolescente porte plainte au commissariat. Elle accuse Pascal H. de l’avoir violée à plusieurs reprises entre ses 8 et 15 ans. À chaque fois au même moment : le samedi dans une des salles de la synagogue où l’accusé jouait le rôle d’homme à tout faire. Pendant plusieurs années, il lui aurait imposé des pénétrations digitales. Pascal H. contraint la fillette à ne rien dire, menaçant de diffuser des vidéos qu’il avait prises de plusieurs agressions.

En parallèle de cette première plainte, des rumeurs d’autres violences sexuelles se propagent. Président d’une association de sourds-muets, le sexagénaire aurait commis des attouchements sur une autre fillette âgée de 9 ans lors d’une sortie à Cabourg en Normandie. Confronté par un membre de l’assl’association sur ce point, l’accusé reconnaît. « C’est ma tentation. Je ne sais pas pourquoi je n’arrive pas à me retenir, mais là ça y est. Dieu m’a dit stop », déclare-t-il.

Le 14 décembre 2022, Pascal H. est placé en garde à vue. Face aux enquêteurs, il avoue une attirance sexuelle envers les enfants. Même chose au juge d’instruction après l’ouverture d’une information judiciaire. « Je suis peut-être trop gentil et malade certainement. Je sens quelque chose en moi, une envie que je ne peux pas contrôler », affirme-t-il au magistrat instructeur.

Des viols commis au sein d’une école juive

Au fil de l’instruction, les nouveaux faits pleuvent. Au total, plus d’une dizaine de faits sont reprochés à l’accusé, dont le casier judiciaire ne portait trace d’aucune mention. Au sein de la famille du mis en examen, plusieurs enfants évoquent des attouchements, notamment à son domicile. Une autre victime affirme aussi avoir été victime d’abus sexuels à la synagogue. Certaines auraient été violées. Plusieurs agressions sont anciennes, l’une d’elles ayant eu lieu en 1994.

Si la majorité des victimes sont des fillettes, deux jeunes hommes affirment aussi avoir subi la prédation de l’accusé, alors qu’il était surveillant à l’école Yad Modekhai à Paris. Lors de sorties à la piscine, il aurait imposé des fellations dans les vestiaires. Interrogé, par le juge d’instruction sur l’ensemble des faits, Pascal H. en reconnaît certains, mais pas tous. Il explique avoir commencé à exercer des violences sexuelles lors de ses débuts au sein de l’école Yad Modekhai.

L’accusé accuse les victimes ou Satan

Si une partie des agressions sont reconnues, l’ancien homme à tout faire ne semble pas dans la repentance. « Il banalise son attitude, ses actions et réactions, rejetant à l’extérieur de lui-même toute forme de sincère responsabilité qu’il impute préférentiellement à Satan ou les victimes », indique dans son rapport le psychologue qui a expertisé l’accusé. Pascal H. n’hésite pas à mettre en cause la perversité des fillettes victimes.

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Ce lundi, plusieurs victimes sont présentes à l’audience. Mais pas toutes. Quelques unes et des témoins ne sont pas là en raison de l’actualité géopolitique au Moyen-Orient. « Elles sont bloquées en Israël », explique une avocate. « Nous allons essayer de faire de la visioconférence. Autrement, nous passerons outre », déclare le président.

Le verdict est attendu pour le 16 mars 2026.

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