À l’échelle européenne, la chasse traverse une période charnière. Entre nouvelles orientations environnementales de l’Union européenne, débats sociétaux autour de la gestion de la faune et évolution des politiques de biodiversité, l’année 2026 s’annonce particulièrement déterminante pour la chasse et les chasseurs européens face à un tournant politique et réglementaire. Dans ce contexte, plusieurs organisations internationales alertent sur les décisions à venir qui pourraient redéfinir durablement le cadre de la chasse en Europe. Parmi elles, la fédération européenne des chasseurs, représentée par l’organisation FACE – European Federation for Hunting and Conservation, joue un rôle central. Cette structure basée à Bruxelles représente les intérêts de plus de 7 millions de chasseurs européens et constitue l’une des principales voix de la société civile sur les questions de chasse, de conservation de la biodiversité et de gestion de la faune sauvage auprès des institutions européennes.
Créée en 1977, la FACE fédère les associations nationales de chasse et intervient sur de nombreux dossiers comme la gestion des espèces, les politiques de biodiversité, la législation sur les armes, la santé animale ou encore la conservation des habitats. Pour 2026, son président met particulièrement en avant deux grands enjeux structurants pour l’avenir de la chasse en Europe, concernant l’évolution du cadre réglementaire européen de la nature et la place des chasseurs dans les politiques de biodiversité et de gestion des espèces.
Le réexamen des directives européennes sur la nature : un dossier majeur pour la chasse
Le premier enjeu concerne l’avenir du socle juridique de la politique européenne de conservation de la nature avec les directives européennes dites “Oiseaux” et “Habitats”. Ces deux textes constituent depuis plusieurs décennies la base de la réglementation environnementale de l’Union européenne et encadrent directement les pratiques de chasse, notamment par la définition des espèces chassables et la protection des habitats. Or, la Commission européenne a annoncé qu’en 2026 ces directives feront l’objet d’un “test de résistance” afin d’évaluer leur efficacité face aux nouveaux défis du changement climatique, de la sécurité alimentaire, de la résilience des territoires ou encore de l’évolution de la jurisprudence. Pour le monde de la chasse, cet examen est crucial. Toute modification pourrait avoir des conséquences directes les listes d’espèces chassables, les périodes de chasse, la gestion des habitats et des zones protégées. Les organisations cynégétiques européennes suivent donc ce processus avec une grande attention, afin de défendre une approche fondée sur la gestion durable et adaptative des espèces, intégrant les données scientifiques mais aussi l’expérience des acteurs de terrain.
Reconnaître les chasseurs comme acteurs de la biodiversité
Le second enjeu concerne la reconnaissance du rôle des chasseurs dans les politiques européennes de conservation. Depuis plusieurs années, les institutions européennes développent des stratégies ambitieuses en matière de biodiversité et d’aires protégées. Dans ce cadre, la question de la place des activités humaines, et notamment de la chasse, dans ces espaces reste régulièrement débattue. Les organisations cynégétiques européennes rappellent que les chasseurs participent activement à la gestion des populations animales, à l’entretien des habitats et à la surveillance de la faune sauvage. Les principes de chasse durable reposent justement sur une utilisation raisonnée des ressources naturelles, contribuant à l’équilibre des écosystèmes et au développement rural. L’enjeu est donc de faire reconnaître, à l’échelle européenne, les chasseurs comme partenaires des politiques de conservation, et non comme de simples utilisateurs de la nature.
Cette reconnaissance est essentielle pour garantir la poursuite de nombreuses actions de terrain tels que le suivi scientifique des populations, la gestion des espèces surabondantes, la restauration des habitats naturels et le maintien des activités rurales et des traditions culturelles.
Défendre une gestion adaptative des espèces à l’échelle européenne
Enfin, les organisations de chasse européennes plaident pour le développement d’une gestion adaptative de la faune sauvage. Ce modèle repose sur un principe simple d’arriver à adapter les décisions de gestion (quotas, périodes de chasse, protection temporaire) à l’évolution réelle des populations animales, sur la base de données scientifiques et de suivis réguliers. Cette approche permet d’adapter les prélèvements lorsque les populations sont en expansion, ou au contraire de limiter temporairement la chasse lorsque certaines espèces déclinent. Elle constitue aujourd’hui un enjeu central dans les débats européens sur la gestion des oiseaux migrateurs ou des espèces en évolution démographique. Les décisions prises dans ce domaine auront un impact direct sur la chasse dans de nombreux pays.
Une mobilisation européenne pour l’avenir de la chasse
Face à ces enjeux, l’année 2026 pourrait marquer une étape importante dans la définition du futur cadre de la chasse en Europe. Entre révision des politiques de conservation, débats sur la place des activités humaines dans la nature et évolution des méthodes de gestion de la faune, les décisions prises à Bruxelles auront des répercussions directes sur les territoires ruraux et les millions de chasseurs européens.
Dans ce contexte, les organisations cynégétiques européennes entendent poursuivre leur mobilisation pour défendre une vision de la chasse fondée sur la gestion durable de la faune, la conservation des habitats et la transmission des traditions rurales. Car au-delà des débats réglementaires, c’est bien la place des chasseurs dans la gestion de la nature européenne qui se joue aujourd’hui.