Le hall du futur complexe cinématographique qui, le jour de son ouverture, proposera un tarif unique exceptionnel de 4 euros la séance. © Herault Arnod Architectures

La patience des cinéphiles et autres amateurs du 7e art va bientôt être récompensée. Ce mercredi 11 mars, le centre-ville de Bobigny disposera d’un nouveau cinéma : le cinéma Alice Guy doté de six salles obscures. L’ouverture de ce nouveau complexe, porté par l’intercommunalité Est Ensemble (à la tête du premier réseau de cinémas publics de France avec six cinémas), signera le retour effectif d’un cinéma dans le cœur de ville de la commune qui en était privé depuis la fermeture du Magic en 2019. Une absence palliée par des projections itinérantes de l’Écran Nomade. L’ouverture de ce cinéma s’inscrit dans le vaste projet de transformation du centre-ville, secteur en pleine mutation, qui accueillera à terme 1 200 logements et 11 000 m2 de commerces.

Ce cinéma de proximité sera accessible géographiquement (via la ligne 5 du métro, le tramway T1 et plusieurs lignes de bus), mais aussi financièrement avec des tarifs attractifs (de 4 à 7 euros la séance avec un tarif unique exceptionnel de 4 euros le jour de son ouverture), et au niveau de sa programmation résolument éclectique (qui mêlera cinéma grand public et œuvres d’art et essai), pour répondre à l’ambition commune de la Ville et d’Est Ensemble de démocratiser l’accès à la culture. La culture au sens large puisque ce complexe ne sera pas seulement un cinéma. Trois de ses six salles de projection (cumulant 865 fauteuils au total) seront modulables pour accueillir notamment du spectacle vivant et le complexe sera animé par une programmation culturelle élargie rythmée par des rencontres, concerts, pièces de théâtre, spectacles de danse, expositions, ateliers… Des projets d’éducation à l’image pour la jeunesse devraient également y être menés. Le hall du cinéma accueillera par ailleurs un café-librairie.

Ce complexe dispose de six salles de projection dont trois modulables pour accueillir notamment du spectacle vivant. © Herault Arnod Architectures

Soutenu par l’État (à hauteur de 2,92 millions d’euros) et par la Métropole du Grand Paris (à hauteur d’un million d’euros), ce projet représente un coût global de 23 millions d’euros. Outre son apport d’une nouvelle offre culturelle, il permettra aussi de rendre hommage à une figure féminine du 7e art : Alice Guy, la première réalisatrice de l’histoire, dont le nom a été retenu par les habitants de Bobigny dans le cadre d’une consultation citoyenne. « Avec plus de 400 films tournés entre 1896 et les années 1920, elle a joué un rôle déterminant dans l’invention du cinéma de fiction et dans le développement du langage cinématographique », souligne le territoire Est Ensemble désireux de mettre en lumière cette « pionnière », « longtemps oubliée du cinéma », et de « rappeler l’importance de la création, de l’innovation et de la place des femmes dans l’histoire du cinéma ».

Dans le cinéma mais pas seulement puisque le cinéma Alice Guy s’inscrit dans une plus vaste dynamique de visibilisation des femmes engagée par la collectivité qui a déjà donné à plusieurs de ses équipements publics le nom de femmes « dont la mémoire et la contribution sont peu valorisées dans l’espace public », comme Alice Milliat, Pina Bausch ou encore Mariama Bâ dont la pépithèque qui porte son nom à Bondy a été inaugurée le 24 janvier dernier.

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