Par
Fabien Binacchi
Publié le
10 mars 2026 à 13h01
« En deux-trois ans, on a perdu 50 % de notre fréquentation. Il est vraiment temps de faire quelque chose. » À quelques jours des élections municipales, ce mardi 10 mars 2026, c’est un appel à l’aide que lancent les commerçants de l’escale Borély, le seul espace balnéaire de Marseille. « Laissés à l’abandon » (le site n’ayant connu aucun chantier depuis l’inauguration en 1992), ils font leur propre proposition à destination du futur maire.
Avec notamment la volonté de créer une nouvelle halte maritime pour les navettes de la RTM.
Un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros
Ils ont décidé de prendre le taureau par les cornes alors qu’ils se retrouvent dans une « situation emmerdante », lâche le président de l’Association des commerçants de l’Escale Borély (Aceb), Henri Tulimiero. En plus d’une certaine désertification des lieux, leur concession arrive à terme le 31 décembre 2026.
« Il est donc plus que jamais temps de s’engager sur un projet », souffle le responsable. Le site, grignoté sur la mer le long de l’avenue Pierre Mendès-France, sur des remblais du métro de Marseille, affiche un chiffre d’affaires estimé à 35 millions d’euros. Il est unique dans la deuxième ville de France.
« Des façades en bois, des toits à l’esprit paillote »
Si le maire-candidat Benoît Payan a bien projeté dans ses propositions la création d’une pinède le long de ce bord de mer, le devenir de ce périmètre reste en suspens. L’Aceb a donc mandaté un cabinet d’architectes marseillais pour imaginer son propre projet : « On est dans un espace très minéral, peu végétalisé, résume Marie Martin-Rocchia, urbaniste chez Map. Et il ne faut pas grand-chose pour donner une nouvelle perspective au site ».

Le projet prévoit une nouvelle jetée pour une escale des navettes maritimes. (©MAP)
Les visuels montrent notamment des façades bardées de bois et uniformisées, des toits refaits dans une ambiance « paillote », des parvis dégagés de certains mobiliers urbains, des poubelles déplacées, des plages plus profondes avec de nouveaux services (consigne, wifi, etc.) et davantage de verdure. En plus de nouveaux parkings « aérien » et « en silo » et d’une jetée afin d’accueillir les navettes maritimes de la RTM. Dans une volonté s’attirer davantage de monde.
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On veut montrer aux Marseillais que l’escale Borely est indispensable et que l’on peut y faire quelque chose de bien notamment en rendant la plage attractive.
Henri Tulimiero
Président de l’Aceb
Les candidats invités à se prononcer sur le projet
Rien n’a encore été budgétisé, aucun calendrier n’a non plus été travaillé mais c’est une solution qui semble « facile à mettre en œuvre », appuie le vice-président Alain Michaud-Bonnet, car il y a urgence. « Si on pouvait commencer dès demain ce serait bien. Le temps nous est compté, explique d’autres commerçants, sur place. Si on est intégré au Plan guide [d’aménagement du littoral Sud, lancée par la mairie sortante] rien ne sera fait avant 10 ou 15 ans. Il faut aller plus vite. »
Il faudrait quelques ajustements, notamment au niveau des parkings, mais le projet a déjà « tout le soutien » du CIQ de Bonneveine, réagit Gérard Pelletier, son président. « C’est là première fois qu’on a une proposition concrète et je souhaite qu’elle vienne un peu titiller nos candidats pour qu’ils s’agitent un peu sur le sujet d’une rénovation », appuie le responsable.
Les prétendants à la mairie ont tous été « invités » à venir découvrir ce projet clés en main. « On s’adresse à tous et donc surtout à celui qui sera élu pour pouvoir faire quelque chose, concrètement », explique encore Alain Michaud-Bonnet.
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