Les élections municipales, c’est dans quelques jours (15 et 22 mars). Après avoir suivi les négociations entre partis et les déclarations de candidature à Saint-Etienne et Saint-Chamond, notre rédaction se penche aussi sur les forces en présence dans plusieurs communes du sud Loire, sélectionnées à partir d’un seuil d’habitants. Parallèlement, nous revenons, en détails, sur la composition et le programme des différentes listes stéphanoises et couramiaudes.
Les parutions suivent la logique chronologique des entretiens obtenus avec les têtes de liste, les candidatures ayant été sollicitées en même temps. Dans cet article nous nous penchons sur la 2ème ville de Loire Forez Agglomération : Saint-Just Saint-Rambert, où deux candidatures sont en lice : la liste Divers droite du maire sortant Olivier Joly, et la liste d’Union de gauche de Julie Toubin.
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A Saint-Just Saint-Rambert, deux candidats se feront face. La rédaction de If Saint-Etienne s’est entretenue avec chacun d’eux au sujet de leur programme, afin de savoir quelles sont les mesures phares qu’ils proposent au vote des Pontrambertois, dans l’ordre des rendez-vous obtenus. Saint-Just Saint-Rambert, 6ème ville de la Loire, et 2ème ville de Loire Forez Agglomération, recense 15 764 habitants, et est dirigée depuis 2014 par Olivier Joly, candidat à sa succession.
Ce que propose « Union pour Saint-Just Saint-Rambert » (Oliver Joly, Divers droite)

Maire sortant, Olivier Joly est également vice-président de la Communauté d’agglomération Loire Forez. Ce qui l’a poussé à candidater pour un 3ème mandat ? « Il n’y a rien de plus beau que de s’investir pour sa commune, d’essayer de répondre aux différents besoins quels qu’ils soient », estime le maire sortant. Et de préciser qu’il souhaite poursuivre les engagements pris avec pour objectif de continuer à moderniser la ville, et de la faire rayonner, pour qu’il y fasse toujours bon vivre.
Les priorités
« Il y a plusieurs enjeux aujourd’hui. Il faut faire évoluer la commune, accompagner son développement, et la protéger face aux événements climatiques en essayent de maximiser la sécurisation de tous. Cela va du parcours de l’enfant qui va à l’école, à aller plus loin et mettre en place une brigade verte pour éviter les incivilités environnementales ». Puis, sur la base du volontariat, Olivier Joly aimerait mettre en place une réserve citoyenne communale pour les nettoyages de la nature, la préservation de la biodiversité, etc. Il souhaite également poursuivre sur la mise en place de pistes cyclables sur la commune.
Olivier Joly souhaite également investir davantage pour réaliser des économies d’énergie. « Il y a encore beaucoup d’embouteillages pour aller à Saint-Etienne, nous souhaitons ainsi la mise en place d’une navette qui puisse desservir la gare de Châteaucreux depuis Saint-Just Saint-Rambert. Il y a tout un volet à développer sur le développement durable. En rénovant la salle polyvalente de la commune, cela nous a permis de réaliser 70 % d’économies d’énergie. Le même processus est engagé sur le gymnase et nous souhaitons poursuivre sur les autres bâtiments communaux. De la même façon, nous voulons mettre en place un système de récupération de l’eau sur les bâtiments publics. Bien sûr, cela va nécessiter des investissements, mais qui vont s’avérer payants sur le long terme ». Toujours sur le volet de l’environnement, le candidat à sa succession entend installer des ruches, dans le but d’augmenter la pollinisation par les abeilles, et ainsi favoriser la reproduction des plantes sur la commune.
Autre projet porté par Olivier Joly, la création d’une halle multisports à Saint-Just Saint-Rambert, qui n’avait pas pu voir le jour sur le mandat précédent faute de budget. « Aujourd’hui, vous voulez faire du handball ou du volley-ball, il n’y a pas de créneau possible car beaucoup sont pris par les écoles ».
Budget participatif
Depuis l’automne 2024, la commune a mis en place un budget participatif à hauteur de 50 000 euros. Ainsi, les habitants sont invités à imaginer des projets en matière de cadre de vie, de qualité des services, ou encore d’attractivité de la commune, qui pourraient être financés, tout ou partie, grâce à cette enveloppe dédiée. Une mesure qu’Olivier Joly entend poursuivre s’il est réélu, tout en faisant en sorte que la consultation soit plus large. « On est content de faire partie de ces 450 communes françaises qui ont fait ce choix. La première année, cela avait été pour la création d’un terrain de paddle, et cette année, pour un projet de lutte contre les moustiques via l’installation de nichoirs pour les mésanges et les chauves-souris et la mise en place de mas à hirondelles. On est justement en train de travailler dessus ».
Quel enseignement tire-t-il de cette mesure depuis sa mise en place ? « On peut constater que les habitants ne se rendent pas toujours compte du budget de leurs idées, et qu’il y a des sujets qui ne concernent plus la commune directement. C’est une vraie manière d’impliquer les gens dans la vie de leur commune. Et il y a des propositions auxquelles nous n’aurions pas pensé ». Il reste ainsi en parallèle un travail de pédagogie à mener, notamment pour savoir quelles compétences incombent à la Ville, à l’agglomération, au Département, etc.
Finances
Dans un contexte budgétaire contraint, avec des dotations de l’Etat à la baisse, un Département qui se retire de nombreux projets, les maires avancent avec prudence. « C’est difficile de pouvoir anticiper les choses aujourd’hui. D’autant plus quand le budget de l’Etat n’est pas connu au 31 décembre, ce n’est pas facile. On ne peut pas faire des budgets au coup par coup, il faut pouvoir savoir où l’on va. Mais, il faut faire avec ce que l’on a puisque les collectivités ont l’obligation d’équilibrer leur budget, on ne vit pas au-dessus de nos moyens contrairement à l’Etat. L’Etat rogne sur nos budgets, cela nous obligera à faire des choix et à prioriser bien sûr. Nous le ferons selon l’intérêt commun ».
Ce que propose « Notre ville, citoyenne, écologique et solidaire » (Julie Toubin, Union de gauche)

Depuis 2020, Julie Toubin est une élue d’opposition au conseil municipal de Saint-Just Saint-Rambert. Elle a décidé de se lancer avec comme objectif de redonner la parole aux habitants. « J’avais l’expérience de ce mandat que j’ai trouvé très intéressant. Je fais aussi partie du Grim, le Groupe de réflexion et d’information municipale (une association de citoyens qui se définit comme partageant des valeurs de gauche, et vient en soutien aux élus d’opposition, Ndlr), qui travaille sur les dossiers de fond. Notre liste est en grande partie composée de ses membres et le fait de ne pas être seule, d’avoir ce soutien, a été très important dans ma décision, parce qu’on sait que c’est chronophage. Et puis, me présenter, c’est aussi le fait de dire que la politique n’est pas qu’un truc entre hommes, dans un monde où les droits des femmes ne doivent jamais être considérés comme acquis ».
Les priorités
La candidate identifie plusieurs enjeux qui lui semblent importants sur le prochain mandat. Parmi eux, la rénovation des écoles de la commune qu’elle juge un peu vétuste. Pour autant, la candidate et ses colistiers n’entendent pas lancer seuls cette réhabilitation. « Notre fil conducteur, c’est d’inclure les habitants et les acteurs du territoire dans nos projets. Cela veut dire s’asseoir autour d’une table avec tous les personnels des écoles, les parents, les enfants, avant de rénover pour savoir quelle direction prendre. Il faut que l’on redonne la parole aux citoyens ».
Pour la candidate, il y existe une vraie problématique liée à la mobilité sur la commune, avec une traversée qui peut s’avérer complexe aux heures de pointe. C’est pourquoi l’équipe souhaite qu’un technicien soit dédié spécifiquement aux mobilités. « Aujourd’hui, on avance au coup par coup, on n’a pas de vision globale, c’est ce qui manque à Saint-Just Saint-Rambert. Il faut un état des lieux sur le sujet, pour savoir quoi proposer ».
Julie Toubin propose également que la mairie ait une meilleure maîtrise de l’urbanisme, afin de ramener plus de fraîcheur en centre-ville, ainsi qu’au sein des lotissements, via des espaces verts. Elle explique également que Saint-Just Saint-Rambert a perdu sa compétence en matière de permis de construire de logements collectifs au profit de la Préfecture, pénalisée pour ses carences en matière de construction de logements sociaux. « Nous sommes la seule commune du territoire à être dans ce cas, car nous n’avons pas assez de logements à loyer modéré. Cela représente 220 000 euros par an, plus d’1 million d’euros sur un mandat. Il faut travailler sur ce sujet, car les jeunes ne peuvent pas s’installer sur la commune. C’est également un problème rencontré par certains retraités. Et puis, cet argent doit revenir aux Pontrambertois ».
Dans son désir d’impliquer davantage les habitants dans la politique municipale, la candidate veut mettre en place un élu référent par quartier, qui organise des rencontres avec les habitants. « Cela peut se faire directement dans la rue plutôt que via des réunions publiques, pour aller au plus près des personnes. Quand c’est proposé de cette manière, les gens osent plus venir qu’à une réunion de quartier ».
Enfin, parmi les projets phare de la liste d’union de gauche, il y a celle portée par le Grim depuis longtemps : la création d’une salle municipale. « Nous n’en avons toujours pas quand Andrézieux-Bouthéon en a six ou sept ».
Budget participatif
« La mise en place d’un budget participatif est quelque chose que l’on demandait depuis des années. Mais nous souhaiterions que cela soit fait différemment, au lieu de dire aux gens ‘on dispose de telle somme, qu’est-ce qu’on fait avec ?’ ». Ainsi, la tête de liste aimerait que l’initiative puisse partir du besoin exprimé par les habitants. Elle souhaite par ailleurs travailler avec davantage de transparence, et présenter le budget de la Ville à la population, en réunion publique chaque année.
Finances
Si elle ne souhaite pas procéder à une hausse d’impôts, Julie Toubin entend pour autant rester réaliste, dans un contexte tendu, et relativement incertain. « Nous ne souhaitons pas augmenter les impôts, mais il ne faut pas faire l’autruche en disant que cela ne changera jamais. C’est pourquoi il nous semble indispensable qu’un technicien, qui soit un expert dans le domaine, soit dédié à la recherche de subventions, au montage de dossiers, pour obtenir des financements de l’Etat, mais aussi de l’Europe. Cela devient une nécessité aujourd’hui ».