Par

Clémence Pays

Publié le

10 mars 2026 à 17h05

« La coupe est pleine ! » Depuis lundi 9 mars 2026, des postiers de toute la France ont entamé un mouvement de grève. Ce mardi 10 mars, en Ille-et-Vilaine, les bureaux de poste de Rennes Colombier et de Pacé ont rejoint le mouvement. « On compte 25 % de facteurs grévistes » dans la capitale bretonne, où se situe « le plus grand bureau de Poste de Bretagne », annonce Arnaud Bordier, délégué syndical central adjoint Sud PTT 35. La raison de cette colère ? Les élections municipales qui approchent.

Pas de prime en vue

« L’État verse une dotation à La Poste pour la distribution des plis électoraux. C’est de l’argent public pour une mission de service public », explique Arnaud Bordier. Seulement voilà, « aucune compensation » n’est prévue pour les employés de La Poste.

« D’habitude, une partie de cette dotation est reversée aux facteurs. Cette année rien. Alors que ce n’est pas rien de trier et distribuer ces enveloppes. C’est un boulot colossal, en plus de notre activité habituelle », appuie le délégué syndical.

Selon lui, la direction ne prévoit pas non plus de majoration pour les heures supplémentaires réalisées dans le cadre de cette distribution des plis électoraux. « Ils nous disent de décaler nos repos », pour que les professions de foi des candidats arrivent en temps et en heure dans les boîtes aux lettres de chacun.

De surcroît, Marie-Ange Debon, PDG de La Poste, « s’est octroyé un parachute doré de 900 000 euros si elle se fait virer avant la fin de son mandat ; on n’a même pas obtenu 12 euros brut d’augmentation lors des négociations en fin d’année ; la prime d’intéressement baisse ; on n’a pas de 13ᵉ mois », liste Arnaud Bordier.

Il y a un vrai ras-le-bol dans beaucoup de bureaux en France.

Arnaud Bordier
Délégué syndical central adjoint Sud PTT 35

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Une grève reconductible

À Rennes, Sud PTT 35 pointe également du doigt un fait « très surprenant et délétère » : « La Poste n’a pas fourni plus d’un quart des plis électoraux aux postiers. » Ce qui retarde donc leur distribution et risque de créer une surcharge de travail en fin de semaine.

« Les collègues qui n’ont pas reçu les plis se réservent pour faire grève lorsqu’ils les auront », explique Arnaud Bordier, qui confirme que ce mouvement est reconductible et qu’un piquet de grève est prévu jeudi 12 mars.

Ainsi, certains habitants de Rennes pourraient ne pas recevoir les professions de foi des candidats d’ici dimanche 15 mars, premier tour des élections.

« La direction a intérêt à changer de braquet. Pour le second tour, des fusions de listes sont possibles avec de nouveaux programmes, donc avec une mise sous plis tardive et peu de jours pour faire la distribution », projette Arnaud Bordier.

Pour l’heure, Sud PTT 35 indique ne pas avoir été reçu par la direction. « La CGT a été reçue la semaine dernière. »

400 euros par postiers

Pour améliorer la situation, Sud PTT demande à La Poste de « reconnaître la nécessité d’une compensation » pour les postiers qui participent au tri et à la distribution des plis électoraux.

« On estime que l’État a versé 50 millions d’euros à La Poste, qui n’a pas voulu nous communiquer le montant. En France, entre 55 000 et 60 000 postiers sont concernés par la distribution. Pour que leur effort soit reconnu, on demande une compensation de 400 euros par postier et par tour », détaille Arnaud Bordier.

Contactée, la direction de La Poste n’a pas encore répondu à l’heure où nous publions ces lignes.

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