La barre des 2 € le litre de gazole vient d’être dépassée en raison du conflit au Moyen-Orient, selon une moyenne établie par l’AFP. C’est la plus forte augmentation en une semaine depuis 2020. À Rennes, il atteint notamment 2,174€ dans un supermarché rue de Nantes. De quoi décourager les automobilistes venus chercher du gazole : « Je n’étais pas au courant, je ne vais pas faire le plein alors », s’étonne Nathalie, qui décide finalement de partir à la recherche d’une autre station, moins chère.

La barre des 2 € franchie

La recherche s’annonce difficile. Depuis le début des frappes israélo-américaines contre l’Iran, menées le 28 février, le gazole a grimpé de 15 %. Le prix du baril a atteint lundi 9 mars, la barre symbolique des 100 dollars, un niveau inédit depuis 2022 et la guerre en Ukraine. Pour le SP95, l’essence la plus utilisée par les Français, la hausse est plus légère : 6 %, soit 10 centimes de plus. Une carte mise à disposition par le gouvernement permet de visualiser une montée générale des prix.

« Un plein qui va augmenter de 10 à 15 € par mois ça va commencer à être inquiétant », explique une automobiliste. Certains accusent les distributeurs d’essence : « C’est une aubaine pour eux, ils augmentent les prix ». D’autres, l’État : « Ils avaient dit que ça allait augmenter sous deux semaines finalement l’augmentation est immédiate. »

Le constat est aussi visible trois kilomètres plus loin, dans un autre supermarché à Saint-Jacques-de-la-Lande. Le gazole y est affiché à 2,014 €. Une station différente mais des clients qui sont tout aussi surpris. « Je n’étais pas au courant. Je vais mettre moins que prévu », explique Garcia, qui rappelle néanmoins « ne pas être le plus à plaindre » et comprendre « que pour des familles ou des personnes moins aisées ça revient à cher à la fin du mois ».

« On ne peut rien y changer »

Certains automobilistes arrivent à être résilients, comme Steven qui se sert de sa voiture quotidiennement : « Je ne peux pas faire autrement. Il faut bien aller au travail. Si seulement on pouvait être en vacances tous les jours ». Valentin, qui roule aussi au gazole, envisage quant à lui de changer ses habitudes : « Je vais essayer de prendre plus souvent le vélo en fonction des conditions météo. C’est une solution même si ça ne m’arrange pas ».

Dans le même temps, la répression des fraudes a mené 500 contrôles dans des stations-service entre lundi, et aujourd’hui. L’objectif : éviter que des prix abusifs à la pompe soient mis en place. En attendant, « on ne peut rien y changer », relativise Marie-Laure venue chercher de l’essence. « J’essaye de rester positive. L’actualité est déjà assez négative comme ça », se résout-elle.