Les pairs héréditaires britanniques ne pourront plus siéger ni voter à la Chambre des lords après l’adoption mardi 10 mars 2026 d’une loi visant à les en exclure.
La chambre haute du Royaume-Uni est, avec le Sénat du Lesotho, la seule assemblée législative au monde à conserver encore un caractère héréditaire.
Une fois cette loi entrée en vigueur à la fin de la session parlementaire actuelle, prévue plus tard cette année, les 92 pairs héréditaires qui peuvent encore voter à la Chambre des lords – parmi lesquels figurent des ducs, des vicomtes et des comtes – perdront leur siège.
Ils ne pourront le recouvrer qu’en étant nommés pairs à vie. Le gouvernement a qualifié cette mesure de « l’une des plus importantes réformes parlementaires de ces dernières décennies » et a affirmé qu’elle achevait la réforme de la Chambre des lords entamée sous le gouvernement travailliste de Tony Blair à la fin des années 1990.
« La Chambre des lords joue un rôle essentiel au sein de notre Parlement bicaméral, mais nul ne devrait y siéger en vertu d’un titre héréditaire », a fait valoir la baronne Angela Smith, présidente de la haute assemblée.
L’adoption de ce projet de loi constitue une première étape majeure vers la réforme de la Chambre des lords, et d’autres changements suivront, notamment concernant la retraite des membres et les conditions de participation.
« Le mérite compte »
Le gouvernement a souligné que la suppression des pairies héréditaires, qualifiées d’« archaïques et antidémocratiques », répond à un engagement clef de son programme électoral.
« Notre Parlement doit toujours être un lieu où les talents sont reconnus et où le mérite compte », a dit Nick Thomas-Symonds, ministre du Cabinet Office. « Il ne doit jamais être un repaire de réseaux d’influence, ni un lieu où les titres, dont beaucoup ont été attribués il y a des siècles, ont le pouvoir de primer sur la volonté du peuple ».
La Chambre des lords compte environ 800 membres, dont la plupart sont nommés à vie. Parmi eux figurent d’anciens députés, généralement nommés par les Premiers ministres sortants, ainsi que des personnes nommées après avoir occupé des postes importants dans les secteurs public ou privé, et de hauts dignitaires de l’Église d’Angleterre, dont l’archevêque de Canterbury.
Le gouvernement de Tony Blair avait supprimé 600 sièges occupés de membres héréditaires à la Chambre des lords, mais avait conservé 92 personnes dans ce qui était censé être un compromis temporaire.