Quelle personnalité politique du XXe siècle est la plus inspirante pour vous, et pourquoi ?
Ivan Illich (1926-2002), l’un des penseurs de l’écologie politique. D’origine autrichienne, c’est un prêtre devenu enseignant, tiers-mondiste, qui a vécu aux États-Unis et en Amérique latine. J’ai beaucoup lu ses essais quand j’étais à la faculté. Il pensait que la technologie était contre-productive. À Nantes, le projet de doublement de l’incinérateur de la Prairie-de-Mauves oblige à aller chercher des déchets aux quatre coins du département. Comme s’ils étaient des ressources rares !
Autour de la table familiale, parlait-on politique ?
Je suis issue d’une classe moyenne. Mon père est chauffeur de taxi, ma mère secrétaire de rédaction. Aucun de mes parents n’a le bac. Mais on a toujours parlé politique à table. Je me souviens de la présidentielle de 2002, quand Jean-Marie Le Pen est arrivé au second tour. C’était un sujet prégnant.
Qu’est-ce qui vous a fait vous engager en politique ?
J’ai fait mon lycée en région parisienne, à Saint-Cloud, où Jean-Marie Le Pen avait sa propriété… Je me souviens des émeutes de 2005 dans les banlieues (après la mort de deux adolescents), il y avait énormément de racisme. En 2008, c’est avec la réforme du lycée Darcos que j’ai participé à ma première manifestation.
Votre première carte d’un parti, c’est à quel âge ?
Ma première carte, je l’ai prise fin 2014 ou début 2015, chez Nouvelle Donne (un parti politique de gauche lancé en 2013 par Pierre Larrouturou). Je devais avoir 24 ans. Je ne me voyais pas dans un parti traditionnel comme le PS, qui était dans un tournant néolibéral. Un gros parti, c’est beaucoup de bureaucratie, sans la démocratie. J’avais besoin de faire quelque chose au niveau local.
Quel souvenir politique marquant ?
Le 11 juin 2023, j’étais en lead d’un rassemblement contre le projet de CHU, avec la CGT-CHU, Attac, les Écologistes. Il y a eu une jonction avec les manifestants des Soulèvements de la terre, contre les carrières au nord et au sud de Nantes. Voir la CGT aller avec les Soulèvements de la terre, c’était une belle victoire politique.