Le
mystère des centenaires, ce que révèle l’analyse de leur sang
Vivre plus d’un siècle tout en
conservant une santé solide intrigue les scientifiques depuis
longtemps. Une étude menée par des chercheurs des universités de
Genève et de Lausanne apporte aujourd’hui un éclairage inédit sur
ce phénomène. Dans le cadre du projet Swiss100, ils ont analysé le
sang de personnes âgées d’au moins 100 ans afin de comprendre ce
qui distingue leur organisme.
Les chercheurs ont comparé leur
profil biologique à celui de personnes de 80 ans et de 30 ans. Pour
cela, plus de 700 protéines présentes dans le sang ont été
examinées. Les résultats montrent que certains marqueurs
biologiques des centenaires ressemblent davantage à ceux d’adultes
jeunes qu’à ceux de personnes âgées.
37
protéines qui pourraient expliquer une longévité
exceptionnelle
Les analyses ont révélé une
découverte frappante : chez les centenaires, 37 protéines
présentent un profil biologique proche de celui observé chez des
trentenaires. Ces molécules jouent un rôle important dans plusieurs
fonctions de l’organisme, notamment la protection des cellules et
la régulation des tissus.
Ces protéines participent
aussi à des mécanismes essentiels pour maintenir l’équilibre du
corps au fil des années. Certaines contribuent à la réparation
cellulaire, tandis que d’autres sont impliquées dans les systèmes
de défense de l’organisme.
Cette signature biologique
particulière pourrait expliquer pourquoi certaines personnes
parviennent à dépasser les 100 ans tout en conservant un organisme
relativement préservé.
Un
stress oxydatif bien plus faible chez les centenaires
Une autre caractéristique
importante concerne le stress oxydatif, un processus biologique
souvent associé au vieillissement. Ce phénomène est provoqué par
l’accumulation de radicaux libres qui endommagent progressivement
les cellules et les tissus.
Dans le sang des centenaires
étudiés, ce mécanisme semble beaucoup moins présent. Les chercheurs
ont observé que les marqueurs liés à l’inflammation et à
l’oxydation cellulaire restent à des niveaux particulièrement
bas.
Cette situation permettrait de
protéger les organes et les vaisseaux sanguins sur le long terme,
limitant ainsi certaines dégradations généralement observées avec
l’âge.
Un métabolisme stable qui protège contre
les maladies liées à l’âge
Les scientifiques ont
également identifié plusieurs protéines liées au métabolisme des
graisses et du glucose. Parmi elles figure la protéine DPP-4,
impliquée dans la régulation de l’insuline et de la glycémie.
Chez les centenaires, ces
mécanismes semblent fonctionner de manière particulièrement
équilibrée. Leur organisme parvient à maintenir une bonne
régulation du sucre dans le sang, ce qui réduit le risque de
troubles métaboliques.
Les chercheurs soulignent que la longévité ne
dépend pas uniquement de la génétique. L’alimentation, l’activité
physique, les relations sociales ou encore le maintien d’un poids
stable peuvent aussi contribuer à préserver cet équilibre
biologique et à ralentir certains mécanismes du vieillissement.