Une tique posé sur un brin d'herbe.Une tique peut vivre entre 2 et 3 ans en moyenne, parfois jusqu’à 4 ans, au cours desquels elle passe par trois stades (larve, nymphe, adulte) et se nourrit de sang à chaque étape. © Freepik

Avec le retour des températures plus clémentes, les tiques refont leur apparition… parfois plus tôt que prévu. Et contrairement à une idée reçue, ces parasites ne disparaissent pas totalement en hiver.

Les tiques deviennent actives dès que les températures dépassent environ 7 °C, seuil à partir duquel elles peuvent à nouveau chercher un hôte pour se nourrir. Dans certaines régions, cela signifie que leur activité peut reprendre dès la fin de l’hiver.

Habituellement, la saison des tiques s’étend du printemps à l’automne. Mais les scientifiques observent depuis plusieurs années une tendance à l’allongement de cette période d’activité. Résultat, les occasions de contact avec l’être humain se multiplient, notamment lors des activités en plein air.

Une promenade en forêt, une sortie dans les prairies ou même quelques heures de jardinage peuvent suffire à exposer une personne à une piqûre.

Tiques : de petits parasites, un vrai risque sanitaire

Les tiques ne sautent pas et ne tombent pas des arbres, contrairement à ce que l’on imagine souvent. Elles vivent principalement dans la végétation basse, les herbes hautes ou les feuilles mortes.

Lorsqu’un animal ou un humain passe à proximité, elles s’accrochent et cherchent un endroit sur la peau pour se nourrir de sang. Ce repas peut durer plusieurs heures, voire plusieurs jours. C’est durant cette phase que la transmission d’agents pathogènes peut se produire.

Les tiques peuvent transporter plusieurs types de micro-organismes : bactéries, virus ou parasites. Ces agents pathogènes peuvent provoquer différentes maladies vectorielles, c’est-à-dire des infections transmises par un organisme vivant.

En Europe, la tique la plus impliquée dans ces infections est Ixodes ricinus, très présente dans les milieux boisés et humides.

Quelles maladies les tiques peuvent-elles transmettre ? La maladie de Lyme, infection la plus fréquente en France

Parmi les maladies transmises par les tiques, la maladie de Lyme reste de loin la plus fréquente. Elle est provoquée par des bactéries du genre Borrelia, transmises lors de la piqûre d’une tique infectée.

Selon Santé publique France, environ 39 000 cas de maladie de Lyme ont été diagnostiqués en médecine générale en France en 2023, soit une incidence d’environ 59 cas pour 100 000 habitants.

La maladie débute généralement par un signe caractéristique : l’érythème migrant, une plaque rouge qui apparaît autour de la piqûre et s’étend progressivement. Mais ce symptôme n’est pas toujours identifié.

Sans traitement, l’infection peut évoluer vers d’autres manifestations : 

  • douleurs articulaires, 
  • troubles neurologiques, 
  • fatigue persistante, 
  • atteintes cardiaques. 

Diagnostiquée tôt, la maladie de Lyme se traite efficacement avec des antibiotiques.

D’autres infections transmises par les tiques

La borréliose de Lyme n’est toutefois qu’une partie du problème. Les tiques peuvent transporter une grande diversité d’agents pathogènes, ce qui explique l’intérêt croissant des scientifiques pour ces parasites.

Selon l’INRAE (programme CiTIQUE), plusieurs micro-organismes pouvant infecter l’être humain ont été détectés dans les tiques présentes en France. Parmi eux :

  • les bactéries Borrelia responsables de la maladie de Lyme
  • Anaplasma phagocytophilum, responsable de l’anaplasmose
  • certaines bactéries du genre Rickettsia
  • le virus de l’encéphalite à tiques.

Dans certains cas, une même tique peut transporter plusieurs agents pathogènes. Les chercheurs parlent alors de co-infection, un phénomène encore relativement rare mais qui peut compliquer le diagnostic.

L’encéphalite à tiques, une maladie encore rare mais surveillée

Moins connue que la maladie de Lyme, l’encéphalite à tiques est une infection virale qui peut provoquer une inflammation du cerveau et des méninges.

Cette maladie est désormais à déclaration obligatoire en France depuis 2021, afin de mieux suivre son évolution. Selon Santé publique France, 62 cas ont été signalés en 2024 sur le territoire.

Même si ces chiffres restent modestes comparés à la maladie de Lyme, les autorités sanitaires surveillent attentivement cette infection, car elle peut entraîner des complications neurologiques.

Contrairement à la borréliose de Lyme, un vaccin existe contre l’encéphalite à tiques. Il est recommandé dans certains pays européens où la maladie est plus fréquente.

Une expansion des tiques en Europe

Depuis plusieurs décennies, les scientifiques observent une expansion géographique des tiques en Europe. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), l’espèce Ixodes ricinus est aujourd’hui présente dans une grande partie du continent.

Les chercheurs constatent notamment :

  • une progression vers des latitudes plus au nord
  • une présence à des altitudes plus élevées
  • une augmentation de la période d’activité annuelle.

Cette évolution se traduit par une augmentation du risque sanitaire lié aux maladies transmises par les tiques.

Tiques : pourquoi agissent-elles de plus en plus tôt ?  Biodiversité, écosystèmes et transmission des maladies

Les tiques ne vivent pas isolées. Leur cycle de vie dépend étroitement de la biodiversité. Elles se nourrissent successivement sur différents hôtes : rongeurs, oiseaux, cervidés ou parfois animaux domestiques.

Ces animaux jouent un rôle essentiel dans la circulation des bactéries Borrelia et d’autres agents pathogènes. Les milieux naturels les plus favorables aux tiques sont :

  • les forêts
  • les lisières boisées
  • les prairies humides
  • certains jardins proches de zones naturelles.

La transformation des paysages, l’augmentation de certaines populations animales ou les changements dans l’usage des sols peuvent donc influencer la propagation des tiques.

Le rôle du changement climatique

Le réchauffement climatique est aujourd’hui considéré comme l’un des facteurs susceptibles d’influencer l’évolution des maladies vectorielles.

Selon le GIEC, les modifications de température et d’humidité peuvent affecter la distribution des vecteurs de maladies, à l’image du moustique-tigre, agent de transmission du chikungunya et autres maladies arboviroses qui inquiètent tant les autorités sanitaires.

C’est donc aussi bel et bien le cas des tiques : des hivers plus doux favorisent leur survie. Les printemps plus précoces et les automnes plus tardifs prolongent également leur période d’activité.

Dans certaines régions européennes, les scientifiques observent ainsi une saison des tiques plus longue, ce qui augmente la probabilité de contact avec l’homme.

Une surveillance épidémiologique renforcée en France

Face à ces évolutions, la surveillance épidémiologique s’est renforcée en France. Plusieurs dispositifs permettent aujourd’hui de suivre l’évolution des maladies transmises par les tiques :

  • le réseau Sentinelles, coordonné par l’Inserm et Sorbonne Université, qui surveille les consultations pour maladie de Lyme
  • la surveillance hospitalière des formes graves
  • le programme participatif CiTIQUE, qui permet aux citoyens de signaler les piqûres de tiques.

Ces données permettent de mieux comprendre la répartition géographique des tiques et la circulation des agents pathogènes.

Prévention : les gestes simples qui font la différence

Face aux tiques, la prévention reste la meilleure protection.

Quelques gestes simples permettent de réduire le risque d’infection :

  • porter des vêtements couvrants lors d’activités en forêt ou dans les prairies
  • privilégier des vêtements clairs pour repérer plus facilement les tiques
  • utiliser des répulsifs adaptés
  • inspecter soigneusement la peau après une sortie en nature.

En cas de piqûre, il est conseillé de retirer la tique rapidement à l’aide d’un tire-tique, sans utiliser d’alcool ou d’éther. 

À SAVOIR 

Toutes les piqûres de tiques ne transmettent pas une maladie. Selon Santé publique France, le risque de transmission de la bactérie Borrelia augmente surtout lorsque la tique reste fixée plusieurs heures sur la peau. La retirer rapidement réduit donc le risque d’infection.

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