Publié le
11 mars 2026 à 18h13
« Un partout, la balle au centre » : voilà à quoi on pourrait résumer ce nouveau duel qui se profile entre Laurent Hénart et Mathieu Klein lors des élections municipales à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Après la victoire du premier en 2014 et celle du second en 2020, les deux hommes sont à nouveau en lice en 2026.
Alors qu’aucun sondage n’est paru durant toute la campagne, on a demandé à François Laval, politologue et directeur de Sciences Po Nancy, son analyse avant le premier tour.
« Souvent une prime au maire sortant »
Selon François Laval, « il y a souvent une prime au maire sortant, si la personnalité n’est pas rejetée et si les politiques menées ne sont pas critiquées ». Pourtant, en 2020, même si l’élection a eu lieu dans un contexte particulier avec la crise du Covid, Mathieu Klein était arrivé en tête au premier tour, devant Laurent Hénart. Il faudra donc scruter l’ordre d’arrivée dimanche soir.
Des récentes élections favorables à Mathieu Klein
Depuis 2020, les derniers scrutins ont été favorables au maire socialiste : victoire de la gauche dans les trois cantons de Nancy aux départementales 2021 et dans les deux circonscriptions nancéiennes aux législatives 2024, avec notamment 47 % au premier tour à Nancy pour Estelle Mercier, alors adjointe à la mairie auprès de Mathieu Klein.
« C’est un marqueur important, c’est indéniable. Il y a une influence du maire qui est en place et les résultats des dernières législatives l’ont montré », ajoute-t-il.
Il y a quand même un petit plus pour l’équipe sortante de Mathieu Klein. Et ça ne veut pas pour autant dire que Laurent Hénart ne peut pas renverser la vapeur. Si on déterminait le résultat d’une élection avec les résultats des scrutins passés, il n’y aurait plus d’élections.
François Laval
Politologue et directeur de Sciences Po Nancy
Les élections municipales 2026
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Une liste qui pourrait pénaliser Laurent Hénart
Concernant les autres candidats en lice à Nancy, François Laval imagine Emmanuel Lacresse, ancien député macroniste qui a sur sa liste l’ancien présidente du MoDem 54 Sonia Sadoune, comme étant celui qui a le plus de chance d’atteindre les 10 % pour se maintenir au second tour : « Il est très punchy. Il y croit, comme en 2017 lorsqu’il avait été élu député. C’est la catastrophe pour Laurent Hénart si Emmanuel Lacresse fait 10 % puisque ce sont beaucoup de voix en moins pour l’ancien maire. Je ne sais même pas s’il se retirera ou fera une alliance. »
Du côté de la gauche, les autres candidatures semblent moins préjudiciables pour le maire sortant, selon l’expert : « Laurent Watrin (adjoint auprès de Mathieu Klein et candidat sans étiquette) avait fait 10 % tout juste en 2020 mais était la tête de liste des Écologistes qui sont cette fois-ci avec Mathieu Klein. Ça va être difficile pour lui d’atteindre le second tour. »
Quant à Christiane Nimsgern (Lutte Ouvrière) et Sarah Farghaly (LFI), il estime qu’il n’y « a aucune chance » qu’elles atteignent les 10 % : « Nancy n’est pas une ville de vote extrême. C’est une ville historiquement de centre droit ou de centre gauche, très universitaire et tertiaire. »
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