Cet animateur qui exerçait dans une école du 7e arrondissement avait été signalé pour son comportement violent envers les enfants. Transféré dans une école du 15e, il est désormais accusé de viols sur mineurs.

Le scandale du périscolaire à Paris, éclaboussé depuis plusieurs mois par une série d’affaires de violences sexuelles, continue de s’étendre. Début février, au moins trois plaintes accusant un animateur de viols et agressions sexuelles sur mineurs ont été déposées au parquet de Paris, selon les révélations de France inter. Il s’agit d’un homme originaire du Brésil travaillant depuis le 15 décembre 2025 à l’école Volontaires, dans le 15e arrondissement de Paris. Auparavant, il exerçait à l’école maternelle Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement ; il en a été exclu à la suite de signalements sur son comportement violent psychologiquement à l’égard des enfants.

Selon les informations du Figaro, la première plainte pour viol et agression sexuelle déposée contre lui remonte au 1er février pour des faits commis quelques mois plus tôt sur un enfant scolarisé à Saint-Dominique. Face à cette accusation, l’établissement en a averti la nouvelle école dans laquelle le suspect travaillait. La maternelle Volontaires a pris la décision, dès le lendemain, de suspendre l’animateur et a informé les parents par mail d’une «suspicion de faits à caractère sexuel impliquant un professionnel de l’équipe d’animation à l’encontre d’une enfant scolarisée dans un autre établissement». Une enquête administrative a été ouverte et un signalement a été transmis à la justice.


Passer la publicité

Des victimes dans deux écoles différentes

Inquiets, les parents ont questionné leurs enfants afin de savoir s’ils avaient pu, eux aussi, être victime de cet homme qui était présent tous les jours de la semaine, à la cantine et durant les après-midi auprès des petits. C’est alors qu’une maman a reçu les confidences de son garçon de 3 ans et noté des changements dans son attitude (nuits agitées, énurésie, crises d’angoisse). Les troubles du comportement de cet enfant se sont déclenchés à partir de la mi-décembre tandis que le suspect a pris son poste à l’école Volontaires, le 15 décembre. Il en a ensuite été absent à partir du 17 décembre et a repris ses fonctions en janvier, avant d’être suspendu le 2 février. Me Louis Cailliez, avocat de la famille, recherche s’il a pu commettre d’autres faits durant cette période.

Dans les commissariats, le «combat» pour mieux faire entendre la voix des enfants victimes de violences sexuelles

D’après son profil LinkedIn, l’homme aux cheveux et barbe gris travaille auprès des enfants depuis au moins 2010. Il a d’abord exercé au Brésil et semble être arrivé à Paris aux alentours de 2020 où il a notamment exercé à l’école Montessori Small World. Entre Saint-Dominique et Volontaires, France Inter a recensé trois plaintes de parents. Toutefois, Me Louis Cailliez affirme qu’elles sont bien plus nombreuses. «Nous sommes en train de recouper les informations mais il pourrait y avoir, à ce stade, cinq plaintes concernant cinq enfants différents : trois déposées par des parents de la première école, deux plaintes pour la seconde», indique-t-il au Figaro. Ce mercredi après-midi, le parquet de Paris n’avait pas encore répondu à nos sollicitations pour faire le point sur le nombre de plaintes recensées.

Plus d’un mois après les dénonciations, Me Cailliez reproche à la justice que le suspect n’ait «toujours pas été placé en garde à vue ni perquisitionné. Il a donc d’ores et déjà eu tout loisir de “faire le ménage” et de nettoyer ses supports numériques, ce qui est désastreux pour l’enquête et la manifestation de la vérité. Le risque de déperdition de preuves est maximal et irrémédiable». Il s’inquiète également que le garçon de 3 ans, qu’il représente, n’ait pas été entendu par la brigade de protection des mineurs de Paris, qui enquête sur les différentes plaintes. «Plus le temps passe et plus le risque d’enfouissement traumatique est grand», déplore Me Cailliez qui réclame l’ouverture d’une information judiciaire.

Mi-février, neuf agents du périscolaire avaient été suspendus pour suspicions de violences physiques et sexuelles à l’école Saint-Dominique. Un animateur périscolaire a par ailleurs été mis en examen début février pour «agression sexuelle sur mineur», «exhibition sexuelle» et «corruption de mineur» à l’école Bullourde, dans le 11e arrondissement de Paris.