À 24 ans, Yann Guillarme avait tout ce que la vie bien rangée promet : un CDI, une maison, un chien, une tondeuse. Et pourtant, un jour, il coupe le moteur. J’étais sûr que la situation dans laquelle j’étais n’était pas celle à laquelle j’aspirais, confie-t-il.
«Je pense que les gens ne seraient pas contre qu’on parte en vacances ensemble»
Né à Quimper, grandi dans les Monts du Lyonnais, il quitte tout pour Lyon et pousse la porte de l’Acting Studio. Là, il découvre le théâtre, les grands textes, et surtout une ivresse culturelle qui ne le quittera plus.
Pendant vingt ans, il joue Molière, Shakespeare, du boulevard, des créations. Il façonne son clown, apprend son métier comme un artisan. Il accumule les heures de scène, les textes, les rencontres, jusqu’à trouver une forme de justesse : être, et ne plus jouer à être.
Depuis trois ans, il s’est consacré entièrement au stand up. Les comedy clubs deviennent son ring : Ce sont des salles de boxe. Tu t’entraînes, tu tapes dans le sac. Son humour, populaire, généreux, organique, mêle vannes ciselées et présence théâtrale. Il se décrit comme un bobeauf, un boomer moderne coincé entre l’éducation d’hier et le monde de son fils de 11 ans. Lui, il a déjà une ouverture qui me fascine. Cette sincérité, il l’a portée jusqu’à Quotidien, où il intervient chaque vendredi depuis septembre 2025. La star, c’est l’émission. Personne ne t’attend. C’est à toi de t’adapter. Mais il y a trouvé sa place sans trahir son univers : ce qu’il dit à la télé, il le dit aussi sur scène.
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Des soirées à Nantes « toujours belles »
Son spectacle Libre ! n’est pas un manifeste, mais une promesse : rire fort, tout de suite. Comme une soirée électro qui démarre dès la première seconde. Une liberté intérieure, une invitation à se laisser aller. Sur scène, il tutoie le public comme une famille élargie. Je pense que les gens ne seraient pas contre qu’on parte en vacances ensemble. Il incarne parfois des personnages, raconte des situations personnelles, mais toujours pour mieux parler de tout le monde. On est tous le beauf de quelqu’un. Son humour refuse les jugements rapides, les postures, les radicalités.
Avec Nantes, l’histoire est ancienne. Il a joué à la Compagnie du Café Théâtre devant 30 personnes avec qui on a hyper sympathisé, et qui reviennent à chaque fois. Il y a une histoire qui se tisse entre les Nantais et moi. Et puis je suis breton… autant qu’eux ! sourit-il. Le public, dit-il, y est incroyable, et les soirées, toujours belles.
S’il devait parler au jeune directeur de magasin qu’il était, il lui dirait simplement : Fais exactement ce que tu veux faire. Ça va être cool. Et à ceux qui viendront le voir, il glisse une pensée : ne pas chercher à être brillants, mais à être heureux — comme si chaque jour était le premier jour du reste de la vie.