David Ellison, le patron de Paramount, s’est entretenu devant les pontes de Warner au vu du rachat de la corporation. Et les retours ne sont pas enthousiastes (quelle surprise).
Fin février, l’annonce a fait l’effet d’une bombe : Netflix n’allait pas surenchérir pour l’acquisition de Warner Bros. La plateforme a laissé le champ libre à son concurrent Paramount, désormais dirigé par David Ellison, fils du milliardaire Larry Ellison, qui a lui-même mis la main au portefeuille pour cette enchère colossale de 111 milliards de dollars (soit 31 dollars la part).
Jusqu’alors, le plan du nouveau PDG de Paramount semble on ne peut plus nébuleux, orienté vers « l’amour du cinéma » et la promesse de sortir au travers des deux studios une trentaine de films chaque année en salles. L’assertion est d’autant plus improbable qu’au-delà de risques de concurrence avec soi-même, Paramount ne peut pas éviter la comparaison avec Disney et la 20th Century Fox, cette dernière ayant vu son nombre de sorties drastiquement chuter après la fusion des deux entités.
Ce mardi 10 mars, David Ellison a fait sa première grande apparition devant les pontes de Warner, avec la priorité de rassurer sur le futur du studio, alors que des renvois semblent inévitables. Pour citer le poète, on ne peut pas dire que ce soit un échec, mais ça n’a pas marché.
« Nous sommes en guerre »
À cette fameuse réunion étaient entre autres présents, selon The Hollywood Reporter, Pamela Abdy et Mike De Luca (les responsables de la division cinéma), Channing Dungey (le PDG de Warner Bros. TV Group), JB Perrette (le président général du streaming), Casey Bloys (le PDG d’HBO) ou encore Peter Safran (co-responsable du DCU avec James Gunn). Plus de 300 exécutifs de Warner ont regardé l’intervention d’Ellison via vidéo.
Selon les sources de The Hollywood Reporter, beaucoup attendaient un plan d’attaque clair de leur futur nouveau patron, alors qu’il n’a cessé de dérouler son narratif corporate, assurant que les rumeurs de licenciements massifs n’étaient pas une question. L’une des personnes ayant témoigné auprès du média a ainsi ajouté : « On ne le croit pas ». Ambiance.

« J’suis pas wassuré »
On peut les comprendre, car David Ellison a confirmé qu’il tenait à avoir un studio de cinéma et une plateforme de streaming, tout en précisant qu’il garderait les studios de tournage des deux sociétés. Apparemment, le PDG a juste admis que le processus pour en arriver au deal actuel a été « turbulent » (euphémisme). Mais d’aucuns ont dit à THR qu’ils « espéraient plus », surtout en comparaison d’une réunion similaire de Ted Sarandos (le patron de Netflix), donnée en décembre 2025 lorsqu’un accord avait été validé entre Warner et le N rouge.
« Il y avait quelque chose de plus victorieux, et il y avait un plan », a expliqué un exécutif de Warner. « Là [avec Ellison]… je ne sais pas. Dites nous juste ce qu’il se passe. » Selon une autre personne interrogée, le parallèle n’est pas très juste, car Sarandos devait rassurer sur une seule question : est-ce que les films Warner continueraient de sortir au cinéma, et pour combien de temps d’exclusivité ? Dans le cas de David Ellison, il y a plein d’autres sujets, que le boss de Paramount a peu développés lors d’une session de questions-réponses préalablement validée.

L’avenir de CNN
L’une de ces interrogations concernait CNN, propriété du groupe Warner et clairement l’une des raisons de l’acharnement des Ellison pour la possession de la corporation. Le père comme le fils sont des alliés affirmés de l’administration Trump, qui a dans le viseur la chaîne d’informations, pensée pour être remaniée sous l’égide de Paramount, comme l’est déjà actuellement CBS. David Ellison a assuré que les différentes divisions garderaient leur indépendance éditoriale, mais pour reprendre des termes dits plus haut, on ne le croit pas beaucoup.