Renault accélère sa stratégie d’électrification mais n’abandonne pas complètement le moteur thermique. Le constructeur français travaille sur une nouvelle architecture EREV (Extended Range Electric Vehicle) prévue pour 2030, destinée à lever l’un des freins majeurs à l’adoption des voitures électriques : l’autonomie sur longue distance.
Le principe est simple sur le papier : la voiture roule uniquement grâce à un moteur électrique, tandis qu’un petit moteur thermique agit comme générateur lorsque la batterie est vide. Une solution intermédiaire entre le 100 % électrique et l’hybride classique, déjà utilisée par certains constructeurs mais que Renault veut adapter à sa propre stratégie.
L’objectif est clair : conserver les avantages de la mobilité électrique tout en éliminant l’angoisse de la recharge. Une technologie qui pourrait jouer un rôle clé dans la transition énergétique européenne.

Une architecture EREV pensée pour les longs trajets
La technologie EREV fonctionne différemment d’un hybride classique. Dans ce système, les roues sont toujours entraînées par un moteur électrique. Le moteur thermique n’est jamais relié directement à la transmission.
Ce SUV qui vaut l’attente offre 536 l de coffre et coûte bien moins cher que le Kia Sportage
Concrètement, lorsque la batterie se décharge, le moteur thermique démarre uniquement pour produire de l’électricité. Cette énergie alimente le moteur électrique ou recharge la batterie.
Ce fonctionnement permet plusieurs avantages :
- conduite électrique la plupart du temps
- autonomie totale largement supérieure à un véhicule électrique classique
- consommation optimisée du moteur thermique
Renault estime que cette solution pourrait séduire les conducteurs qui parcourent régulièrement de longues distances.

Une réponse aux limites actuelles des voitures électriques
Même si les progrès sont rapides, les voitures électriques restent pénalisées par certains facteurs : temps de recharge, infrastructures encore inégales et autonomie variable selon les conditions.
Dacia Striker : premières images du « Toyota Corolla » de Dacia, mi-SUV mi-familiale, dès ~25 000 €
C’est précisément là que l’EREV peut faire la différence. En ajoutant un générateur thermique compact, la voiture peut parcourir plusieurs centaines de kilomètres supplémentaires sans dépendre immédiatement d’une borne.
Cette technologie permettrait ainsi de réduire la taille de la batterie, donc le coût et le poids du véhicule, tout en conservant une autonomie totale comparable à celle d’une voiture thermique.
Pour Renault, il s’agit aussi d’une solution adaptée à certains marchés où l’infrastructure de recharge reste limitée.

Renault vise une production vers 2030
Le constructeur français prévoit d’introduire cette technologie à l’horizon 2030. Elle pourrait être utilisée sur des modèles de segments supérieurs, notamment des SUV ou des véhicules destinés aux longues distances.
Renault ne parle pas encore de modèles précis, mais la technologie devrait s’intégrer dans sa future plateforme électrique de nouvelle génération.
Cette stratégie s’inscrit dans le plan global d’électrification du groupe, qui prévoit une gamme largement électrifiée d’ici la fin de la décennie.

Une technologie déjà explorée par d’autres constructeurs
Le concept de véhicule à autonomie étendue n’est pas nouveau. Certains modèles ont déjà utilisé ce principe dans le passé.
Par exemple :
- Chevrolet Volt
- BMW i3 REx
- certains véhicules chinois récents
Mais Renault estime que la technologie peut aujourd’hui devenir beaucoup plus pertinente grâce aux progrès des batteries, de l’électronique de puissance et de l’optimisation énergétique.
Avec l’EREV, le constructeur cherche donc à proposer une alternative crédible entre hybride rechargeable et véhicule électrique pur.

Une solution de transition dans un marché en mutation
Le marché automobile européen évolue rapidement avec les normes d’émissions et la montée en puissance de l’électrique. Pourtant, la transition complète vers le 100 % électrique reste progressive.
Dans ce contexte, les véhicules à autonomie étendue pourraient jouer un rôle stratégique.