« Pour des communes de montagne vivantes, sobres et résilientes » : c’est le nom du dernier manifeste publié le 3 février par l’association Mountain Wilderness, à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars.

Fondée en 1987, cette organisation non gouvernementale (ONG) reconnue d’utilité publique appelle les candidats des zones montagnardes à se préoccuper de l’habitabilité de demain, de la sobriété et du respect du vivant en montagne.

« Triple urgence »

Dans ce manifeste de vingt-deux pages, accessible au public sur leur site internet, l’association tire la sonnette d’alarme sur les communes de montagne « au cœur d’une triple urgence : sociale, écologique et démocratique ».

Selon l’organisation, ces territoires doivent faire face simultanément au dérèglement climatique, à la pression touristique et à la difficulté croissante pour les habitants de se loger et de vivre à l’année.

Logements, services publics, agriculture…

Mountain Wilderness revendique un « cadre clair, ambitieux et réalisable » pour les mandatures 2026-2032 avec « dix engagements essentiels et sept décisions structurantes, pour une montagne durablement vivante et accueillante », peut-on lire dans leur communiqué.

L’association appelle d’abord à garantir la vie à l’année, en développant des logements accessibles, des services publics et des mobilités adaptées, tout en soutenant l’agriculture et le pastoralisme locaux.

Moratoire sur les extensions des stations

Elle préconise également de stopper l’artificialisation des sols et de renforcer la protection des espaces naturels, considérés comme des biens communs. Mountain Wilderness plaide par ailleurs pour repenser l’avenir des stations de ski, avec un moratoire sur les nouvelles extensions de domaines skiables et le démantèlement des installations devenues obsolètes.

Le texte encourage aussi la relocalisation de l’alimentation, le développement de mobilités moins dépendantes de la voiture et la protection renforcée des glaciers. Enfin, l’association souhaite renforcer la démocratie locale, en rendant systématique la consultation des habitants pour les grands projets d’aménagement.

Ces propositions s’appuient sur plus de 35 ans d’engagement et d’expertise sur l’ensemble des massifs français, ainsi que sur la Grande Concertation Montagnes 2030, lancée en 2025. Celle-ci a permis de recueillir plus de 25 000 contributeurs et 2 400 propositions, témoignant d’une attente forte : celle de communes de montagne capables d’assumer pleinement leur responsabilité politique face aux transformations à venir.