En conférence de presse après
avoir dévoilé son XV de départ pour le match contre l’Angleterre,
Fabien Galthié a expliqué ses choix et confié que son équipe avait
rapidement basculé sur ce dernier match après la lourde défaite en
Ecosse.
Fabien Galthié, que s’est-il passé avec Anthony Jelonch
?
Hier (mercredi) à la fin de l’entraînement, Anthony a ressenti
quelque chose à l’ischio-jambier. Il a passé des examens, et
effectivement il avait un petit signal. La règle veut qu’on ne
prenne pas de risque sur ce type de blessure. Donc on a reconstitué
notre troisième ligne en faisant glisser Charles Ollivon en 8 et
Temo Matiu en 7. Temo, c’est un mélange de vitesse, de puissance et
d’adresse. Il sera complémentaire avec François (Cros) et Charles,
et notre cinq de devant bien sûr.
Pourquoi avez-vous préféré Temo Matiu à Lenni Nouchi,
qui avait remplacé Jelonch en Ecosse ?
C’est un choix qui se justifie de par nos observations, les
performances. Lenni a eu l’opportunité de jouer quatre matchs avec
nous. Il est dans la liste des joueurs supplémentaires. Depuis
l’automne 2024, Temu vient travailler avec nous. Ça fait deux ans
qu’on l’observe. Il était dans la liste des joueurs supplémentaires
au pays de Galles et en Ecosse. On trouve que c’est intéressant de
lui donner une opportunité, surtout avec ce qu’on voit de ses
entraînements et de ses performances en club. Clin d’œil de
l’histoire, son papa a débuté en équipe de France en 2000 au pays
de Galles, je jouais. Sa famille avait vécu une semaine très
difficile et il avait joué ce match, et on avait construit notre
performance (victoire 3-36, ndlr) autour de lui. Ça reste un moment
spécial.
Pourquoi avez-vous préféré le duo Flament-Meafou à
Mickaël Guillard ?
Ce sont des rotations qu’on avait prévues. On fait des rotations
après avoir gagné, on en a fait aussi lorsqu’on perd. Thibaud et
Mani méritent de débuter le match, on a besoin de Mickaël avec les
finisseurs.
Galthié : « On s’est donné
le droit de jouer un match pour la gagne samedi »
Pourquoi placer Charles Ollivon en 8 ?
Charles a beaucoup d’expérience. Il joue avec nous depuis sept ans
maintenant, en 7, mais aussi en 4 et en 8. Il va vite, il est très
adroit, il a aussi un rôle important dans la touche. On a
privilégié l’expérience de Charles, et le fait qu’il puisse jouer
sur plusieurs registres.
Pourquoi avoir choisi Pierre-Louis Barassi plutôt
qu’Emilien Gailleton pour remplacer Nicolas Depoortere au centre
?
Yoram (Moefana) et Pierre-Louis ont fait le Tournoi l’an dernier,
jusqu’à la commotion de Pierre-Louis en Irlande. Cela nous semblait
juste de les associer à nouveau. Pierre-Louis est prêt, il a
retrouvé son potentiel, et Emilien sera notre finisseur des lignes
arrières, c’est notre arbitrage.
Quel a été votre discours pour passer à autre chose
après la défaite en Ecosse ?
Au-delà du discours, c’est d’abord une méthode, et on est passé de
suite sur le match de l’Angleterre. On ne s’est pas attardé sur le
match de l’Ecosse. Ce sont nos habitudes, on se projette sur ce qui
arrive. On s’est donné le droit de jouer un match pour la gagne
samedi. On reviendra plus tard sur les grands moments et les
moments difficiles.
Galthié : « Par moments,
Antoine a des passages plus compliqués »
Antoine Dupont a paru en-dedans pendant le match, et
agacé après…
Nous sommes des êtres humains. Ça fait partie du jeu. Parfois on a
la réussite, parfois pas. Même s’il est un joueur exceptionnel, par
moments il a des passages plus compliqués. Il n’y a rien de grave,
ça fait partie d’une expérience, d’un vécu, d’un chemin, qui doit
nous amener vers samedi.
Avez-vous des regrets sur le choix des hommes en Ecosse
?
Non, c’était la même équipe que contre l’Irlande, et on avait alors
très bien fonctionné pendant 50 minutes. Quand on prend nos
décisions, on les assume totalement, que ce soit avant ou après.
Quand les joueurs gagnent leur sélection, leur sélection leur
appartient et c’est qu’ils la méritent.
Que pensez-vous de cette équipe d’Angleterre
?
Elle est arrivée avec douze victoires consécutives, elle performait
énormément et arrivait dans ce Tournoi avec énormément d’ambitions,
légitimes. Les Anglais ont eux aussi traversé des bons moments et
des moments plus difficiles dans ce Tournoi. Ils vivent ce que nous
vivons. Les adversaires sont tellement difficiles à appréhender,
les environnements sont tellement spéciaux, qu’il faut se préparer
au meilleur comme au plus difficile. Ils ne sont pas en phase avec
leurs attentes, mais ils sont toujours redoutables, avec un staff
qui travaille très bien. Ils ont une grosse conquête, avec trois
sauteurs potentiels. Ils exercent une grosse pression, notamment
dans les couloirs, par des jeux au pied hauts.
Quelle différence faites-vous entre un Grand Chelem et
une victoire sans Grand Chelem ?
Il faut respecter tous les adversaires. Quand vous (les
journalistes) parlez de Grand Chelem, c’est un peu dénigrer nos
adversaires, mais ce n’est pas notre cas, ne vous inquiétez pas.
Les joueurs croient en leur niveau, individuel et collectif, et
sont légitimement ambitieux. Je n’ai pas d’avis sur cette question.
On en parlera plus tard. On est tous tournés vers ce moment de
vérité.