Le détroit d’Ormuz est désormais miné, ont confirmé des responsables américains cités par le Wall Street Journal. Après des images diffusées par l’Iran, une dizaine de mines maritimes seraient bel et bien présentes en surface de l’eau du détroit où transitent 20 % des exportations mondiales de pétrole. Ces mines ne seraient peut-être pas seulement en surface d’après le journal américain, qui rappelle que l’arsenal militaire iranien comprend aussi des mines capables de s’ancrer dans les fonds marins, et faire détoner plusieurs centaines de kilos d’explosif au passage d’un navire, créant des ondes destructrices.

Les mines présentent en surface sont aussi difficiles à détecter pour les cargos, puisque celles-ci se trouvent à plus d’un mètre de profondeur. Pour être installées, ces mines sont déployées dans des petites embarcations, déguisées en bateaux de pêche, les rendant difficiles à localiser et éliminer. Les États-Unis ont toutefois déclaré avoir détruit plus de 60 de ces bateaux poseurs de mines. Dans la journée du mercredi 11 mars, 16 auraient été détruits, marquant une accélération de cette nouvelle stratégie de réponse iranienne.

Avec des mines, l’Iran serait capable de paralyser totalement le trafic maritime sur cet axe stratégique pour le pétrole et les échanges commerciaux. Le pays en guerre contre les États-Unis et Israël disposerait d’une capacité de 5000 à 6000 mines maritimes, et 5 % de cet arsenal serait suffisant pour paralyser totalement le détroit d’Ormuz, soit 300 mines, selon Stéphane Audrand, consultant indépendant en risques internationaux, interrogé par 20 Minutes. Avec ces mines, l’Iran vise surtout à dissuader les armateurs et des assureurs à accepter le passage du détroit des bateaux.

Le déminage du détroit d’Ormuz, seuls les Européens en sont capables

Le minage du détroit d’Ormuz arrive dans un contexte particulier où les États-Unis ont démantelé leurs derniers navires-chasseurs de mines. L’US Navy, qui en possédait encore quatre à Bahreïn, les a reconduits aux États-Unis pour les mettre à la retraite. Ainsi, il reviendrait aux Européens de prendre en charge le déminage du détroit d’Ormuz si l’évolution du conflit le permet, toujours d’après l’expert Stéphane Audrand, interrogé par 20 Minutes. En fonction du nombre de mines présentes, le travail pourrait prendre des années.

Pour déminer le fond du détroit, il faudrait utiliser des bateaux chasseurs de mines équipés de robots sous-marins. Pour ne pas se faire détecter par les mines, ces bateaux et ces rovers utilisent du bois et de la fibre de verre sur leur coque. D’autres dispositifs comprennent des lignes tirées par les bateaux pour couper les câbles reliant les mines de leur câble les ancrant sur un point fixe.

Le minage du détroit d’Ormuz reste toutefois un projet sensible pour l’Iran, qui aurait aussi des conséquences pour ses propres bateaux exportant son pétrole depuis l’île de Kharg vers ses clients, notamment vers la Chine et le Pakistan. Les mines maritimes ont surtout pour but de faire pression sur le cours du pétrole, que l’Iran menace de faire exploser à plus de 200 dollars, pour dévaluer la politique de Donald Trump qui doit sans cesse tenter de rassurer les investisseurs sur l’issue de la guerre et le retour à la normale pour le commerce international et l’exportation de pétrole.

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