12/3/26 – Marché de l’art et patrimoine – Foire de Maastricht – Comme à toutes les éditions de la TEFAF, nombreux seront les tableaux en provenance de notre pays à être dévoilés par les participants de la foire néerlandaise, suscitant bien souvent de légitimes envies — et surtout regrets — pour les institutions françaises. Coutumiers de ce triste constat (voir l’article), nous ne pouvons qu’espérer ne pas avoir à le récidiver à l’occasion de l’édition 2026 qui ouvre ses portes ce jeudi, où la présence annoncée d’un important tableau de la Renaissance française excite déjà tous les spécialistes. L’affaire ne surprendra pas les visiteurs de l’an dernier, qui avaient pu admirer chez Caretto & Occhinegro une Mise au Tombeau de Maarten van Heemskerck vite cédée au Worcester Museum of Art, qui reconstitua un triptyque (voir la brève du 3/6/25). Cette année, c’est cependant cette Pentecôte rendue à Jean Cousin père (ill. 1) qui ne devrait pas manquer d’attiser l’intérêt des amateurs et, espérons-le, des musées.



1. Jean Cousin le Père (vers 1506-vers 1560)

La Pentecôte, 1558

Huile sur panneau – 100 x 198 cm

Photo : Caretto & Occhinegro
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Paradoxalement, celui-ci en vient, puisqu’il appartint aux collections du Bob Jones University Museum de Greenville, en Caroline du Sud, avant d’être mis aux enchères à New York en janvier 2003. Naguère attribué au peintre liégeois Lambert Lombard, il éveilla — vingt ans plus tard — l’intérêt des acteurs du programme de recherche de l’université de Genève « Peindre en France à la Renaissance ». Placé sous l’égide de Frédéric Elsig, celui-ci généra un nombre impressionnant de colloques et surtout de publications (voir l’article) dont l’une des plus récentes est Peindre à Paris aux XVe-XVIe siècles, où réapparut La Pentecôte, donnée à l’atelier de Jean Cousin père. On ignore hélas encore quantité d’éléments sur cette figure cardinale de la Renaissance française, à…